Sunday, February 08, 2009

PAYDAY (Off) Tour (29/10 - 05/11)


















www.myspace.com/paydayfever

Quand Arbre (bien sûr que ce n'est pas son nom, mais tout le monde l'appelle comme ça et puis c'est plus r'n'r qu'Emmanuel Saldana) m'a appelé mi-août, entre deux parties de beach volley, pour me proposer de les accompagner (les PAYDAY) en tournée pendant les vacances de Toussaint, je n'ai là encore pas hésité longtemps avant de répondre favorablement. Ca faisait un moment que ça me démangeait. Prendre la route avec un groupe, rencontrer des nouvelles têtes, voire des concerts, boire des bières à l'oeil... Que demander de plus? Bah le plus là, c'est que je partais avec le groupe PAYDAY (no star band punk/hxc chaotique de Montpellier), des gars bien coolos, que je connais pour certains depuis une dizaine d'années. J'étais sûr de ne pas m'ennuyer mais surtout j'allais prendre des grosses fessées en live tous les soirs, tendre la joue gauche et en redemander le lendemain. Parce que c'est ce qui s'était passé toutes les fois où j'avais eu l'occasion de les voir en concert. Alors que ce n'est pas trop le style de zik qui fait frétiller le monstre qui se cache dans mon caleçon en général. Au contraire. Mais là, va savoir pourquoi, l'alchimie fonctionne à 100%. Le genre de prestations qui me poussent à faire des sauts périlleux arrière sur la plage au Samynaire (rave punk/hxc/noise fin juin à Carnon beach), une bouteille de vodka red bull dans les mains, à pogotter les deux pieds en avant à hauteur des genoux (à la Eric Di Méco style) ou encore à prendre le micro pour hurler "Nahdin' USA" lors de la bien nomnée chanson... Bref, je ne vais pas ergoter des heures, j'adore ce boys band et leurs shows. Donc oui, mille fois oui et mille fois merci d'avoir pensé à moi pour cette tournée. Les SATURN (punk rock de Perpignan/Montpellier), BLACK ZOMBIE PROCESSION m'avaient déjà embarqué 2-3 jours avec eux, les GUERILLA POUBELLE aussi sur des weekends mais là c'était pour 8 jours. L'Aventure quoi, avec un grand "A"! Le couteau suisse dans la poche droite et le manuel de survie dans la gauche. J'ai appris sur la route que c'est parce que j'étais plutôt zen comme mec, qu'ils m'avaient pris et que vu certaines fortes personnalités composant le groupe, je risquais d'avoir un effet apaisant, reposant, ce qui ne serait sûrement pas du luxe. 3-4 jours avant de partir il y a toujours deux days off plus un plan un peu bancal. Pas grave. Le seul truc qui m'embête c'est que je vais devoir les abandonner lâchement avant la fin car j'ai un boulot, moi. Ce qui va me faire rater quelques bonnes dates genre Angoulême et le Mars Attack (big up Philippe CAFE FLESH et les BILLY GAZ STATION), Bordeaux et le groupe ricain de hip/hop avec qui ils jouent et Pau, Tarbes, où je n'ai encore jamais mis les pieds mais où ils ont de bonnes connections. Tant pis...


Day 1 : 29/10 (Saint Etienne, "Thunderbird")

















A peine rentré/remis de mon incruste avec BZP et du concert d'EPILEPTIC la veille, que c'est avec une grosse crève que je prends le volant du camion, emprunté à Charlie d'ILLEGAL PROCESS (punk/hxc de Montpellier), avec la poignée du levier de vitesse en forme de tête de mort. Rock'n'roll! A bord de ce navire, Arbre Payday (guitare, choeurs), Fred Payday (guitare, octaver), Samy Payday (chant, cris, mégaphone) et Vincent Payday (batterie). Qui dit groupe de rmistes ("jour de paie", une des nombreuses significations du nom), dit pas de sous, dit trajet en nationale pour rejoindre le Thunderbird à Saint Etienne où se déroule la première date. Résultats = galérages ; bouchons à Bagnols sur Cèze qui nous font perdre un temps fou et beaucoup de patience, ajoutés à une pluie torrentielle (j'exagère à peine). Le trajet est donc assez fatigant et on arrive un peu à la bourre au rade. J'avais pris le temps d'envoyer un texto à Frank Frejnik (originaire du coin) et il m'avait répondu que le lieu était plus ou moins boycotté, sans trop savoir pourquoi. Avec aucun groupe local en première partie, ça s'annonçait bien. C'est le bar et plus précisément le tenancier qui gérait la date mais je ne vois vraiment pas l'intérêt de faire jouer un groupe inconnu sans au moins un groupe du cru, qui va ramener quelques potes et fera partie des spectateurs après avoir chauffé un peu l'ambiance. Parce qu'on ne va pas se leurrer, à part à Montpel où à force de prestations énergiques et de part le line up (comprenant des membres de MARVIN, SUPERBEATNIK, ILLEGAL PROCESS, DOCTOR LIVINGSTONE... un des nombreux groupes consanguins de la scène Montpelliéraine), les PAYDAY ont acquis une certaine renommé, pour le reste du monde ils ne représentent absolument rien. Bref. James a plutôt l'air d'un mec sympa (même s'il ressemble à l'ex-patron du Peanuts, l'avant Mojomatic à Montpellier, qui pour le coup, lui, était un vrai tocard) mais un peu dépassé par moments. Il est en froid avec l'autre bar de Saint Etienne, l'Assommoir, qui organise lui aussi des concerts rock, refuse de faire de la promo sur un forum/site internet underground stéphanois, où sont annoncés les concerts. Du coup c'est assez défaitiste qu'il aborde ce mercredi soir pluvieux. Un peu glauque pour débuter la tournée mais on n'est pas venu pour enfiler des perles, ni "to peel the garlic" comme le dit Matgaz. On dévore le poulet du catering, tombe la bouteille de rouge qui va avec, entame le pack de binouzes et c'est parti pour le show. Pas grand monde n'est présent vers 22h, une douzaine de personnes environ, dont le frère de Fred, qui habite dans la montagne à une quarantaine de km de là. Pas de problèmes. Le matos a été installé avant de manger, la balance faite, "
euh les gars, faudrait baisser là parce que le limiteur il est pas très très content..." (quelle connerie ce truc!). Comme ce ne sont pas des pédés mais les PAYDAY, ils envoient la sauce. Bon je vais être honnête, ce soir elle prend moyennement. C'est carré, il n'y a pas de pains mais ça manque un peu de folie, par rapport à la zik qu'ils jouent. Et puis on entend quasiment pas Samy. On se rendra compte à la fin du set que c'était un problème de câble xlr. Bref, pas un concert qui restera dans les annales. Une petite mise en bouche, un échauffement. Les conditions n'étaient pas trop présentes et je les connais capables de bien mieux. Les gens présents ont quand même été assez secoués. Ils ne s'attendaient pas à prendre un truc aussi violent en pleine face je pense. 2-3 disques sont vendus, preuve que ça a plu. On plie boutique et terminons chez James qui nous héberge. Il y a une bouteille de whisky qui nous attends, des joints qui circulent, moi c'est le lit que je rejoins rapidement parce qu'avec la crève que je me tape et la fatigue du trajet je ne suis pas sûr que cela fasse un bon mélange avec l'alcool et la fumée. Petite nature que je suis...

Day 2, off : 30/10 (Saint Sauveur En Rue)


Deuxième jour de tournée et premier day off. Un jeudi! A la base on devait squatter à Lyon et c'est tombé à l'eau mais comme le frère de Fred, venu la veille, nous a invité chez lui, ça nous ôte une belle épine du pied. Passage au Lidl, courses pour le soir ; bières, vin rouge, de quoi faire une tartiflette (on ne va pas se laisser abattre non plus) et un gros stock de kleenex pour wam. On galère un peu pour trouver la barraque de nos hôtes, bien perdue dans la montagne mais on y est là. Plutôt sympa, belle vue, spatieuse (ils sont trois ou quatre à y vivre en colloc) et là c'est l'heure de l'apéro. Ah bon? Mais il n'est que 15h... Ca ne semble déranger que moi apparemment. Non pas que je sois rabat-joie, quoique, ou que je n'ai jamais pris un ricard en tout début d'aprèm mais je vois bien le truc venir. On va passer la journée à boire des canons et fumer des pétards, enfin eux parce que moi je n'y touche pas trop. Et avec la grosse crève que je me paye, j'ai envie de tout sauf de ça. Bon, je la mets en veilleuse, me cale dans un canapé, accepte une mauresque et comate, pas trop causant, entre deux mouchages de nez, en faisant passer à mon voisin de gauche le joint qui m'arrive de la droite et à mon voisin de droite, l'autre qui arrive 10s après par la gauche. Y en a 2-3-4 qui circulent, je ne sais plus, mes souvenirs sont assez flous. Au bout d'un moment je n'en peux plus, j'ai le nez en compote avec la fumée et monte me coucher à l'étage. D'en haut je les entends vaguement jouer des trucs à la guitare sèche ; du picking (Vincent est passé maître dans cet art et Arbre tente de s'y mettre) et, et, mais qu'est ce que c'est que ça?! Dis moi pas que c'est "No woman no cry"! On va dire que je n'étais pas très lucide ou que c'était un cauchemard. Je suis par contre réveillé par l'odeur de tartiflette et refais surface juste pour me mettre les pieds sous la table. Y en a qui se sont quand même activés et qui nous proposent un bon festin. Je reprends un peu du poil de la bête, deux fois. Le repas terminé c'est reparti comme en 40 ; bières, joints, blah blah. Ils ont monté une batterie dans la pièce à côté et branché une machine qui balance de la drum & bass et Vincent tente de jouer en suivant le beat. Il s'en sort pas mal l'enfoiré et fini torse nu, transpirant, après avoir tapé comme une mule pendant 1h. Quant à moi la crève a de nouveau raison de ma patience, de ma sociabilité et vu qu'on se tape un gros trajet le lendemain jusqu'à Belfort, je fausse compagnie à tout le monde pour aller me coucher.

Day 3 : 31/10 (Bavilliers, "Big Ben" + Skeletons Fall)













Un trajet sans histoires, même si pas mal longuet et on arrive à Bavilliers, en banlieue de Belfort. C'est Gepetto, bassiste du MASSACRE DU CLIENT DE 15H (screamo r'n'r en français et aux titres de morceaux bien débiles, à l'image des quatre cocos, genre "Moi ce que j'aime dans la vie c'est Johnny Halliday et les films porno", "Un bazooka ne fait pas le printemps" ou encore "Opération club sandwich des ténèbres") qui organise le show. J'aime beaucoup ces types et ça me fait plaisir de le revoir, après les Eurockéennes de cet été. C'est le seul sur place, les autres étant émigrés Parisiens. On y passe tous... Le Big Ben est un bar PMU, Eric le patron, plutôt accueillant et il y a cette fois un groupe, les SKELETONS FALL, pour ouvrir. Un soir d'Halloween, ça ne s'invente pas. La soirée promet donc d'être plus cool que la première date. J'installe le merch avec toute la collec de cds et vinyls des groupes Montpelliérains ; SUPERBEATNIK, MARVIN, ILLEGAL PROCESS, STONYBROKE, DOCTOR LIVINGSTONE et bien sûr le skeud de PAYDAY, cdr en pochette cartonnée disponible avec quatre couleurs et logo différents (canard, mégaphone, sanglier et crocodile, chacun représentant un des membres du groupe... je vous laisse méditer là dessus). Il n'y a pas foule, une vingtaine de personnes, dont Jean-Rem des REBEL ASSHOLES (punkrock du coin). C'est Romain Boule des CHARLY FIASCO, en fan inconditionnel comme moi, qui lui a conseillé de venir voir. Les SKELETONS démarrent leur set, du rockin' hardcore screamo honnête mais pas renversant. Ca se laisse bien écouter et voir cependant. Une petite touche de REFUSED, de The BRONX, de HOUSTON SWING ENGINE, c'est propre, rien de dépasse, des titres midtempo pour la plupart, j'attendais peut être un peu plus de folie. Ca a néanmoins contribué à faire monter la température de la salle. Les vitres du bar sont emplies de buée, les PAYDAY peuvent commencer. Ils jouent à l'extérieur et sont bien remontés. Comprenez par là qu'ils ont envie de marquer un maximum de buts et de rentrer vraiment dans la tournée, les deux jours précédents ayant plus fait office de détente qu'autre chose. Ils attaquent avec le bien nommé "Attation", son intro au mégaphone et c'est la grosse claque. Des riffs des deux guitares dans tous les sens, du matraquage de fûts en règles et des cris en veux-tu, en voilà! Je mate un peu les gens dans l'assistance et vois les visages stupéfaits. Là encore, ils ne s'attendaient sûrement pas à ça, les morceaux sur myspace (ils en ont changé depuis) ne laissant pas présager cette énorme débauche d'énergie. En plus ils ont bien bossé dans le local, ça a beau être technique, avec plein de breaks etc., tout est en place. Gepetto esquisse même un petit rictus de satisfaction, joie, qui ne le quittera pas de tout le concert et croyez moi, ça n'arrive pas tous les jours. Ca y est, on peut dire que la tournée a vraiment démarré là, et malgré cette crève qui ne veut toujours pas partir, je commence à prendre mon pied avec les PAYDAY... Pas de sous-entendus graveleux hein! La soirée se poursuit dans le bar où Eric offre plus de coups à boire qu'il n'en vend. Il a plein de liqueurs différentes et nous les fait toutes goûter (prune, mirabelle, framboise etc.). Peut être que ça va soigner ma crève... J'espère . C'est la fin de soirée, un mec genre vieux briscard dit à Arbre que le set lui a fait penser à DILLINGER ESCAPE PLAN mais sans le côté intello, chiant. Pas faux. Il est 1h du mat passée mais le bar ne semble pas être sur le point de fermer, les gens fument à l'intérieur, fuck the laws. Gepetto étant en plein déménagement, c'est Fab le guitariste des SKELETONS qui nous héberge et sa copine est peut être très jolie mais n'a pas l'air d'avoir plus envie que ça de s'éterniser. Elle s'impatiente un peu la demoiselle. Du coup on laisse tout le matos sur place en projettant de le récupérer le lendemain vers 10h. Faut décoller tôt car encore une fois la route est longue jusqu'à la prochaine date, Lille. Ca ne pose pas de problèmes à Eric étant donné que c'est l'heure à laquelle il ouvre habituellement. On arrive à l'appart de Fab et sa copine où trône devant l'entrée un paillasson n&b avec écrit "rock'n'roll" et une tête de mort (sûrement acheté au Goëland). Ce n'est qu'un effet d'annonce, l'appart est super clean. Je n'ai jamais eu le mien rangé et nettoyé ainsi. Ca sent la maniaquerie à plein nez... Après quelques tergiversations, vu que c'est moi le malade, c'est moi qui écope du canapé, les autre dorment par terre ou sur le tapis. Il est 3h, une dernière bière et au lit, bonne nuit les petits.
Même si j'ai refilé ma crève à tout le monde (enfin surtout Vincent et Samy), personne n'a de mal à se lever le matin. Petite connection internet, mail, myspace, tout va bien. Première douche de la tournée, c'est toujours bon à prendre et on ne sait pas de quoi sera fait la suite. On dit au revoir et merci puis filons vers le Big Ben Bar. Les portes sont closes, personne à l'intérieur. Ok on va attendre un peu. En fait on a attendu et galéré beaucoup. 10h30-11h, toujours pas d'Eric. Il ne répondait pas au téléphone, Gepetto aussi était injoignable. On est même allé au bar d'à côté demander où Eric habitait pour aller chez lui mais on ne l'a jamais trouvé. Et puis vers 12h, on l'a vu débarquer, la tête dans le cul, la voix cassée, les yeux rouges exhorbitants, tout penaud. Il s'était couché à 8h du mat, ils avaient refait le monde avec Gepetto et un ou deux autres gars donc forcémment s'était rude pour se lever. C'est pas tout ça mais on était à la bourre nous! Chargeage express, juste le temps de prendre un café vite fait et on taille la route au doux son d'un "bon bah salut les Payday" de notre barman, qui en même temps qu'il le disait se demandait s'il était pas entrain de dire une connerie...

Day 4 : 01/11 (Lille, "Le Détour" + A Hella Good Band Name & The Headliners & Burning Lady)













Cette date est une co-prod entre deux assos et celle qui fait jouer les PAYDAY c'est "Rock'n'roll Jihad", qu'Arbre connait bien pour avoir eu plusieurs fois à faire avec eux avec ILLEGAL PROCESS. Il y a donc 4 groupes ce soir et quand on arrive le bar est déjà bien rempli avec beaucoup de punks, skins, oï. Les tondeuses, bretelles rouges, rangers et chiens sont de sortie, ça parle de bagarre devant l'entrée... J'en connais qui vont détonner. La bouffe est bien bonne, du riz consistant mélangé avec une sorte de poêlée de légumes et de lardons. Nickel. Avec un petit verre de rouge; ça requinque son homme. Même si je n'en mène toujours pas large avec la crève et que j'ai réussi à en contaminer deux autres qui sont au moins aussi mal en point que moi. Le premier groupe joue, le batteur a 18 ans et 5 concerts dans les bras et ça se sent. Je n'accroche pas non plus à la voix de la chanteuse, souvent fausse. C'est du punk de base, ni mélodique, ni énergique, plat, creux. Suivants. Les suivants c'est le groupe noise AHELLAGOODBANDNAME. Il y a un sax dedans et c'est plutôt barré en effet, comme c'était marqué sur le fly. Par moments ça me fait penser à The EX. C'est bien mieux fichu que les précédents mais à la longue je décroche un peu. Place aux PAYDAY maintenant qui ont décidé de jouer la carte de la provoc' facile mais gentille. Arbre arbore son teesh avec Jésus crucifié, avec Fred ils ont sortis les bandanas rouge à la Axl Rose et ils font un peu les poseurs pendant qu'ils jouent. Ca réagit plus ou moins bien dans le public, les 3/4 des gens ne sont pas venus pour entendre ça et ne savent pas trop à quel sauce prendre ce qui leur est donné. Je crois que c'est le premier degré qui l'emporte. Tant pis. C'est un gros concert encore, avec Vincent à la batterie qui donne tout ce qu'il a. Il a l'air de souffrir le martyr à chaque morceau, fait une ou deux fois mine de tout arrêter puis reprend ses roulements de fou furieux... Pour moi c'est la claque, pour les autres je ne sais pas. La bassiste des HEADLINERS vient à la fin du set pour les remercier de la reprise de SPINAL TAP qu'ils ont fait (c'est la première personne qui reconnait le morceau), tandis que le reste du groupe semblent dégoûtés de jouer derrière. Ils ont un peu peur je pense. J'entends parler de "m'as-tu-vu"... Ces gens n'ont décidemment aucun humour et surtout ils ont enfumé la salle à clopper comme des pompiers. L'air en devient irrespirable pour moi, du coup je vais complètement rater le dernier groupe. Ca ne m'empêchera pas de dormir ce soir. D'ailleurs on y va quand? Parce que là, commence à sentir la fatigue ; maladie, trajet, bières. Vu que demain c'est un day off, les autres l'entendent pas de cette oreille. En plus Vincent s'est retenu de boire toute la soirée pour assurer le concert et donc là il s'envoit des gros shoots de rhum. Pour les autres c'est pets, pintes et on s'arrête là, c'est déjà pas mal. Je me sens mal barré pour la suite. La suite qui arrive assez vite c'est un after dans un squat avec certains des punks/skins présents ce soir... Ok bah ça sera sans moi alors. Je suis out et j'ai eu ma dose de fumée et d'alcool pour la soirée. Je reste donc dans le camion, seul et gelé. Ouais, ça caille sévère! Mais c'est pas grave, perso ça ne me dérange pas et puis c'est leur tournée, j'ai pas envie de faire le relou de service. Je m'endors, me réveille, m'endors, me réveille, m'endors et ils me réveillent. Ils se sont plus ou moins fait virer de la teuf pour cause d'esprits étroits chez les punks. Déjà, Fred avec ses cheveux mi longs se sentait limite hippy à côté d'eux et leurs crânes rasés et ils le lui faisaient sentir, Samy, qui adore les bêtes et les chiens en particulier a pas mal joué avec l'un d'entre eux, le faisant aboyer etc. jusqu'à ce qu'une des filles lui ordonne de s'arrêter du style "
Arrête avec le chien, lui il est chez lui, toi t'es pas chez toi!". Sympa. Vincent, complètement saoul s'amusait avec un jouet en plastique genre tête de cheval et ça n'a pas trop plu non plus. Et pour couronner le tout, ils n'auraient également pas apprécié les saluts nazis que faisaient Arbre et Juju (de l'asso R'n'r Jihad). Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas, certains étant du côté obscur des skins auparavant, ça leur rappelait peut être des choses un peu troubles de leur passé. Toujours est-il qu'ils ont senti qu'il valait mieux mettre les voiles. Voilà grosso merdo ce qu'ils m'expliquent en débarquant au camion vers 4h, alors que Samy s'installe côté conducteur pour rentrer chez Juju, qui nous hébergeait ce soir. Là j'ai failli prendre le volant vu que j'étais le moins saoul et sûrement plus en état de conduire mais je comatais encore et c'est allé un peu trop vite. L'adresse rentrée dans le gps, Samy trace en suivant les instructions et là c'est le drame. Enfin ça aurait pu. A un moment, il se trompe de sortie dans un rond point et ça nous faisait prendre l'autoroute et donc faire un détour d'une dizaine de kms avant de pouvoir sortir et faire demi tour. Résultat, marche arrière sur la deux voies pendant environ 200m. Là j'ai vraiment cru qu'on allait mourrir, sérieusement. Et puis non, fort heureusement il n'y avait aucune voiture. On arrive donc sains au saufs chez Juju et Richard, qui habitent à côté de "Frites 2000", dont Arbre nous vante les délices et qu'on se promet de tester le lendemain. Mais là, dodo. Je dors dans la chambre avec Fred et Arbre, Samy et Vincent, eux sont affalés, ivre morts dans le canapé. Dans le lit je cogite un peu, pendant qu'en dessous les deux fument un dernier pétard et je me demande si je ne vais pas les abandonner avant la fin. Je pèse le pour et le contre. Je m'amuse bien, c'est clair. Je me régale lors de leurs concerts, y a pas de soucis. Humainement ça le fait bien aussi. Mais avec la fatigue et surtout cette p*tain de crève, je ne supporte plus la fumée et eux ils n'arrêtent jamais! C'est excessivement énervant. Cette phrase que Vincent ne cesse de répéter est plus qu'à propos. Bref, il paraît que la nuit porte conseil...

Day 5, off : 02/11 (Lille, Frites 2000)

Je décide finalement de continuer l’aventure, notamment pour assister à la date à Tours où ils jouent avec PNEU. Aujourd’hui par contre, pas de stress, on n’a rien à faire si ce n’est goûter les sandwichs de Frites 2000 dont Arbre nous parle tant. On se lève tard, deux cafés après la faim commence à se faire sentir et on va à cette fameuse baraque à frites. Pas de bol, c’est fermé ! Par contre ça ouvre à partir de 18h donc on se promet de revenir. On passe la journée à comater sur le canapé, écouter des skeuds et surtout les histoires de fou de nos hôtes. Ludo a fait 2 mois de tôle en Belgique pour « terrorisme ». Avec un pote ils n’ont rien trouvé de plus intelligent que de revenir des Pays Bas, où ils avaient fait le plein d’herbe pour quasi tout Lille, avec des cagoules sur la tête. Comme ça, pour le fun. Bien sûr ça a eu son petit effet quand ils ont fait le plein à une station service et ils ont apparemment eu droit à la totale pour l’arrestation… L’autre, Juju n’est pas en reste. Il débarque en titubant dans la baraque et n’a dormi en tout et pour tout qu’une heure, affalé dans un bar. C’est le genre de mec, hyper brillant, chercheur avec bac + 9 mais qui prend des grosses charges le weekend, à tel point que là où il bosse, il est interdit d’approcher des humains le lundi… Bref, on ne s’ennuie pas trop et des fois j’ai l’impression d’être dans la 4ème dimension en les écoutant. Il est 19h, on a les crocs alors on trace à Frites 2000. Wahou ! Il y a une bonne quinzaine de personnes qui font la queue. Arbre nous avait prévenus qu’il était impossible de finir les sandwichs et surtout la tonne de frites qui va avec… et il avait entièrement raison. Frites 2000, c’est fait. On n’a par contre aucunes nouvelles pour demain. On est censé jouer à Rennes mais le mec qui s’en occupe, Curtis de TRASHINGTON DC chie pas mal dans la colle, ne répond pas aux messages et ça semble plus que compromis. On décide de se lever tôt le lendemain pour tracer à Tours chez les PNEU si ça ne le fait pas. Un petit film et au lit. Arbre et Fred veulent regarder Bienvenue chez les ch’tis. Soi disant que s’il y a un endroit pour le voir, c’est bien ici, à Lille. Mouais… J’aurais préféré Bienvenue chez les ch’tites coquines, que Ludo avait aussi sur son ordi, je suis sûr que c’est mieux mais mater un porno à trois mecs c'est un peu glauque. Au final avec Samy et Vincent on se rabat sur un thriller à la télé, genre Les 10 petits nègres d’Agatha Christie, Operation Profiler avec Val Kilmer et Christian Slater. Dans une île isolée, une dizaine de personnes sont tuées les unes après les autres. Vraiment mal fait, mal joué. Je vous aurais bien dévoilé la fin mais impossible de me rappeler du tueur, de l’intrigue...

Day 6 : 03/11 (Allonnes, Péniche Excelsior)












On se lève et on a enfin des news de Curtis. « Ah, je vous ai pas prévenu… désolé mais c’est mort pour la date à Rennes ». Super. Merci. On appelle donc JB des PNEU, pour voir si on peut squatter chez eux ce soir. Il se trouve qu’il joue au Mans, avec son autre groupe, ANES ET BATEAUX et Fred connaît Alex le mec qui organise. Il a déjà joué pour lui avec MARVIN. On arrive à le joindre et s’incruster pour la soirée. On ne sera pas défrayé mais le repas est compris, l’hébergement aussi et ça permet de jouer. Toujours ça de pris. C’est le trajet où je vais le plus me prendre la tête avec le p*tain de gps. Déjà que jusqu’à présent on n’avait pas toujours été pote mais là, trop c’est trop. Heureusement, il y a du soleil, une première depuis qu’on est parti alors ça détend un peu. Le concert a lieu sur une péniche, l’Excelsior et il est prévu qu’on joue en dernier. Il y a pas mal de monde et ce soir, ambiance complètement différente avec Lille. Pas un punk à l’horizon. On est dans une soirée genre noisy jazz intellos... J’accroche peu avec les groupes, certains passages sont sympas mais c’est beaucoup trop long pour moi et au bout de 3-4 titres ça me gonfle. Il y a Macario (de STANLEY KUBI) qui est là avec sa mère, il tourne avec les anglais de STIG NOISE SOUNDSYSTEM. D’ailleurs ils finissent juste leur concert, attendent peut être un rappel mais nous on attendait juste qu’ils aient terminé pour investir la scène et installer le matos. On était censés expédier le concert rapidos mais il y a quelques problèmes techniques avec la batterie, une des grattes et l’ingé light doit être épileptique parce que c’est juste n’importe quoi les lumières ! Là encore les gens dans le public ne comprennent pas trop ce qui leur arrive car les PAYDAY jouent deux fois plus fort que les autres et surtout 3-4 fois plus vite… Mais c’est la fin de soirée, beaucoup sont saouls et ça fonctionne… C’est même le groupe qu’a préféré Madame Maccario (la vraie), c’est pour dire ! Moi j’ai perdu tout le peu d’objectivité que j’avais mais je suis toujours aussi impressionné par le jeu de batterie de Vincent. Il en met partout mais pas une à côté. Pareil pour ce qui est des riffs de guitare, c’est complètement fou, ça part dans tous les sens mais c’est carré. Le concert se termine et on finit tous (3 groupes) dans la baraque des parents d’Alex, l’organisateur, à une trentaine de km du Mans. Le seul hic c’est qu’il n’y a pas d’eau chaude, ni chauffage. Après la bière de l’amitié avec les anglais c’est l’heure d’aller au lit.


Day 7 : 04/11 (Tours, Académie de la Bière)


















Le réveil par le soleil,y a rien de mieux. Allez, d’accord, une petite fellation et/ou une grasse mat’ crapuleuse c’est pas mal non plus mais vraiment, se lever et voir un putain de ciel bleu et le soleil au dessus de ma tête ça me met une grosse patate pour la journée. Et bien ce matin c’est le cas et pourtant on est le 4 novembre, dans la Sarthe ! Un bon petit déj dehors, en teesh, un peu de football avec un ballon crevé et le chien d’Alex, des histoires à dormir debout de Maccario et on décolle direction Tours pour la dernière date que je fais avec les PAYDAY. Snif. Finies les vacances rock’n’roll. Je termine comme j’ai commencé, c'est-à-dire fatigué et malade mais je me suis bien marré. Enfin c’est pas tout à fait terminé ! C’est la jeune et jolie (oh oui !) Tiphaine du zine Joker in the pack et de l’émission radio Bring The Noise qui organise ce soir à l’Académie de la Bière, date qui se fait avec ANES ET BATEAUX d’hier et PNEU dont je n’arrête pas d’entendre vanter les prestations live. Un final en apothéose alors ? Et bien oui. Même si ce n’est pas trop ma came, j’ai davantage accroché avec le set d’ANES ET BATEAUX que la veille, puis PNEU ont mis tout le monde d’accord avec leur math-punk. Ouais c’est comme le math-rock, çad avec plein de plans chelous sauf que là ça va à mille à l’heure. Ils ne sont que deux (à jouer au milieu de la salle et les gens autour) mais on a l’impression qu’ils sont quatre ou cinq. Des gars très gentils en plus. Ils jouaient à domicile ce qui fait que la salle est bien remplie et les gens bien chauds quand PAYDAY démarrent. Vincent est guéri mais Samy toujours un peu grippé (par ma faute… fallait pas m’inviter) donc ça sera encore un poil faiblard au niveau de la voix mais ça n’en reste pas moins un bon concert. Pas le meilleur que j’ai pu voir mais suffisamment pour marquer les esprits des Tourangeaux. C’est vrai que c’est particulier comme musique, tout en énergie, intensité, chaque morceau joué comme si ça devait être le dernier. J’étais, suis et reste fan. Là, maintenant, c’est vraiment fini (enfin pour moi). Je récupère un tee shirt avec un gros PAYDAY inscrit dessus, grâce auquel je suis sûr de me faire remarquer, quelques démos pour mon usage personnel et à dispatcher et c’est l’heure de retourner dans la vraie vie. Je ne sais pas s’ils me revoudront mais les gars moi je repars quand vous voulez !

Tuesday, January 27, 2009

Hanging boy


J'ai eu vent de ce concert d'EPILEPTIC et CRASH TASTE (deux groupes Poitevins) au bar Up & Down, grâce à une annonce postée moins d'une semaine avant par Gregoula (du label Theatre Rds) sur le forum d'Head-Records (label et organisation de concerts noise/post-hardcore sur Montpellier), le seul forum avec celui de l'Eko des Garrigues auquel je sois inscrit. Je trouve déjà suffisamment de choses à faire pour perdre du temps, je ne vais pas non plus faire le geek à balancer des centaines de messages sur internet sur du rien en barre... et puis il y a myspace pour ça. Bref. C'était la première fois que ces groupes jouaient à Montpellier, ils étaient donc relativement inconnus ici. Le Up & Down, même si l'endroit est plutôt cool et tenu par deux mecs sympas, ne rameute pas les foules et ne fait pas trop de promo. En plus sans première partie locale, ça sentait la grosse soirée looz'. Y avait même pas de fly que j'aurais pu photocopier, âme charitable que je suis, et donner à toutes les personnes qui étaient venues au concert de BZP quelques jours auparavant. Non. Rien. J'ai quand même fait passer l'info oralement à une dizaine d'amis, susceptibles d'être intéressés, et ce mardi 28 octobre, à peine rentré de Bordeaux avec une escale pause café à Toulouse en compagnie de Romain Boule des CHARLY FIASCO, et après avoir fait ma valise pour la semaine de tournée avec les PAYDAY qui débute le lendemain, je me rends au bar. Il pleut, ce n'est pas ça qui va motiver les gens à sortir, surtout un mardi fin octobre. Il y a Halloween dans quelques jours et là, oui, les rues vont être remplies à craquer et les bars aussi. Mais aller voir un groupe comme EPILEPTIC, qui sort des putain de disques classes depuis 10 ans dans une quasi indifférence générale, ça n'intéresse personne. Enfin moins d'une dizaine si je sais bien compter en arrivant au Up & Down. Deuxième mauvaise nouvelle, ça ne commence pas avant 22h. Donc il va falloir glander une heure. Bon et bien un demi pour mon pote Ben et un ricard pour moi. Il y a un autre Ben présent ce soir, c'est le batteur de SPINNING HEADS (RIP) et de TANTRUM. D'ailleurs il est content, il vient de dégotter sur le merch le split 7" EPILEPTIC-TANTRUM (il n'avait pas encore rejoint le groupe à cette époque), dernière pièce qui lui manquait pour avoir l'intégralité de la discographie du trio noise/hardcore/metal Montpelliérain. A ce propos, il y a un tribute qui vient de leur être consacré sur le label Prototype Rds. Pas grand monde ce soir je disais mais on a notre relou de service, imbibé de bières, qui tient des propos plus que saoulant sur tout et surtout sur rien. Heureusement le concert débute, avec EPILEPTIC. Je les avais déjà vu au Machin Fest à Poitiers (enfin Buxerolles), chez eux, en mai dernier et j'avais trouvé qu'ils avaient vraiment la classe. Ca se confirme ici, même devant une dizaine de personnes. C'est une espèce d'indie/rock vraiment tranquille, posée mais il se dégage quelque chose d'assez envoutant. Le guitariste/chanteur barbu, Sam, possède un énorme charisme naturel. J'ai la même sensation que lorsque j'ai vu FAVEZ (indie/emo/rock Suisse). "La classe", c'est tout ce qui me vient à l'esprit quand je les vois jouer ou même que j'écoute les disques. Rien d'extraordinaire mais c'est juste classieux. Il y a peut être juste le batteur qui est un peu léger. Ils pourraient passer toutes les semaines à côté de chez moi, je ferais le déplacement à chaque fois. Ils viennent de sortir un nouveau disque "A piece of eternity..." et pas mal de morceaux joués sont issus de cet album. Fin. Classe. Pause bar. J'ai un ami Eddy qui se prend la tête avec l'autre relou qui ne veut pas le lâcher. Je suis ça de loin, ils parlent du Moyen-Orient, de politique, de culture et veulent à tout prix avoir le dernier mot. Mon pote essaie de lui expliquer deux-trois trucs mais c'est peine perdue. Il est d'ailleurs à deux doigts de lui en coller une et je vais le chercher juste à temps pour lui dire que CRASH TASTE entame leur set. Petite particularité, ils ont un nouveau deuxième guitariste en la personne de Stef (ex SEVEN HATE). On ne peut pas dire que cela sente la grosse motivation, la liesse etc. mais ils assurent quand même bien le set noisy/indie-rock. Je crois que Washington DC et Dischord Rds n'ont aucuns secrets pour eux. Malgré les conditions, le set est honorable mais pour être franc, la seule chose que j'ai retenu ce sont les grimaces de Stef quand il joue. J'ai jamais eu l'occasion de voir les savonnettes en live (big big shame on me) mais ça devait donner. En tout cas je n'ai jamais vu personne faire cette tête là en plaquant des accords ou quelques arpèges! C'est fini. Moi je ne traîne pas trop, je veux rentrer prendre des forces avant de partir pour ma première vraie tournée et je sens que vu avec qui je pars ça va pas être de tout repos. Eddy est toujours à discuter avec l'autre, assez violemment. J'ai pas envie de faire le médiateur, je lui ai déjà dit plusieurs fois au cours de la soirée de laisser tomber. Je lui envoie quand même un texto avec un simple "barre toi, laisse l'autre naze tranquille". J'apprendrais des semaines plus tard que le mec en question a pris un coup de tête de la part de Stef (l'ex SEVEN HATE), excédé après des plombes de discussions qui ne menaient à rien, pendant qu'ils essayaient de ranger le matos. Y avait pas foule mais ils se rappelleront de leur date à Montpellier...

Thursday, January 15, 2009

Just a dilligent street cleaner (BZP mini tour report)


day 1 :

La One Again Asso, association dont je fais partie, qui a pour vocation l'organisation de concerts sur Montpellier pour des groupes qui n'auraient pas forcément l'occasion d'y jouer ou dans des bonnes conditions (accueil, promo...) est plus qu'en stand bye depuis la rentrée de septembre, du fait de l'éloignement géographique d'un certain nombre de ses membres. En gros en un an et demi, on est passé de l'excitation, la motivation du début et les deux concerts par mois à un concert par mois puis un en six mois. La venue des BLACK ZOMBIE PROCESSION était par contre calée depuis un bail et de toutes façons il n'était pas question d'annuler. On fait quand même une sorte de co prod avec le Mojomatic, un petit fly est bricolé par Manu (merci mec) et deux groupes en première partie sont trouvés in extremis. On rate de peu les MUDWEISER (stoner sludge du deep south avec Reno de LOFOFORA au chant). C'est con, ça aurait sûrement ramené quelques dizaines de pélos en plus. Pas grand monde n'est motivé dans l'asso, le seul que ça branchait comme moi, Thibo, est en tournée avec son groupe teenage pop/punk UFO'S. Du coup je me retrouve un peu seul à tout gérer et ça me plait pas des masses. Pas d'affichage possible en ville donc je passe quelques heures sur l'espace à balancer comments, bulletins et le jour J arrive. Montpellier est une ville assez dure en termes d'affluence du public. Il y a des dizaines de milliers d'étudiants mais ils passent plus de temps dans les soirées du même nom, dans les bars "branchés" et boîtes que dans les concerts rock/punkrock. Je me dis que si on fait 50 entrées, ça sera une bonne soirée. On ne perdra pas trop d'argent et les groupes joueront devant un peu de monde mais je pense sincèrement que ce n'est pas gagné. C'était marqué début 20h30 sur le fly et à 21h30 j'ai une dizaine de personnes qui ont daigné se délester du modeste paf. Puis à ma grande surprise/satisfaction, ça va augmenter crescendo. 45 minutes plus tard j'en suis à 50 pour finir à environ 75 entrées. Yeah!! Et les concerts alors? Pour être honnête, je n'ai pas vu grand chose, assez stressé à tenir la caisse à l'entrée et mettre mes petits batons à chaque personne qui entrait... Je n'accroche pas des masses à B.F.S., trio un peu metal, un peu punkrock, un peu trop brouillon. CAPTAIN STARK qui suit le fait déjà un peu plus. C'est du The BRONX en mode screamo r'n'r, un poil bancal aussi pour moi qui les découvre sur scène mais énergique. Quant à BZP, aux dires des gens avec qui j'ai discuté après, c'était un bon concert. Forest est un excellent frontman, Nasty Samy envoie des solos à tout va, à la limite parfois de la démonstration (en franchissant même la limite pour certains) et la rythmique des frangins Dalstein est toujours aussi efficace. C'est fini. Les sourires sont sur les visages d'une grande partie des gens, l'oeil hagard dû à une forte consommation de houblon. Le bar a pas fait semblant. Il a bien tourné! Tout le monde a passé une bonne soirée et c'est tant mieux. On garde les vip, met les autres à la porte et c'est la tournée du patron (merci les 2 Chris!). Nico (bassiste des SUPERBEATNIK), Kryiss (bassiste d'ÖFÖ Am) et Hugo Maimone (batteur de GARLIC FROG DIET) décident de monter un groupe ensemble... on verra bien où ça les mènera. Nous (BZP et moi) ça nous mène à Cournonterral chez mes parents. Un plat de pâtes à 3h du mat et au lit. Oui parce que le lendemain matin je me suis engagé à aller faire un footing au bord de la plage avec l'ami Samy. Quelle idée?!? Faut dire que comme je suis un peu professeur d'EPS dans la vie civile et qu'il est à fond dans son trip sport, un esprit sain dans un corps sain etc., à chaque fois je n'y coupe pas. Les deux dernières fois où il était venu on était allé nager à la piscine olympique Antigone, là on varie les plaisirs...

day 2 :

10h, le réveil sonne. Dur. Direction les Aresquiers. On est fin octobre, il fait super beau et on court sur le sable. L'allure est un peu plus soutenue que ce que j'ai l'habitude de courir... en fait j'ai pas l'habitude, ou plus l'habitude parce qu'à Paris c'est beaucoup moins nature et découverte... Le bougre se permet même d'accélérer au milieu, pour me tester je pense. Ah la la, l'esprit compèt'. Je le suis en tirant un peu la langue et on reprend au final l'allure du début. 40-45 min au chrono. On a bien mérité notre douche et le petit déj copieux, en teesh et lunettes de soleil dehors. Le pied! Dans la voiture Sam m'a branché pour savoir si j'avais des trucs de prévus et si ça m'intéressait de prendre la route avec eux car ils ont une place en rab dans le camion, Cu! le boss de Kicking rds n'ayant pas pu venir. Je réfléchis une demi seconde et fais mon sac pendant qu'avec Mimi (bassiste de BZP et guitariste/chanteur de FLYING DONUTS) ils fouillent dans mon bac de cds gravés et repartent avec tout un tas de trucs : ROCKET FROM THE CRYPT, SILVERCHAIR, NRA, EVERLAST et j'en oublie. On s'écoute tout ça en traçant vers Limoges, plus en exclu quatre titres de TEENAGE RENEGADE (nouveau groupe du stakhanoviste bisontin avec au chant madame Nasty). Il y a deux morceaux qui sonnent un peu comme du BZP light, moins heavy mais avec toujours autant de chinoiseries à la guitare et deux autres un peu plus power/pop, qui tracent tout droit. J'attends avec impatience la suite. On arrive assez tard dans la ville des BUSHMEN (Bruno le gratteux fera son apparition au cours de la soirée) et les BILLY GAZ STATION, en pleine tournée pour la sortie de leur premier album "Skins & licks" sont déjà là, à siroter bières et vin rouge pour Fred (guitariste/chanteur). Le contraste avec Montpellier est assez saisissant. Là il pleut (je vais d'ailleurs choper la crève), on est dimanche soir et la ville est quasi morte. Dommage car la salle, le Woodstock Boogie Bar, est plutôt sympa, tout comme les gens qui y bossent. Ca n'empêche pas les BILLY GAZ d'envoyer un bon set. Les morceaux, excellents, se suffisent à eux mêmes mais il manque un petit quelque chose pour que leur prestation gagne en intensité. Ils sont tous de très bons musiciens mais je trouve qu'ils jouent un peu trop chacun de leur côté. Ca manque de réelle cohésion. Bon je dis ça mais en même temps ils sont extrêmement bien rôdés à l'exercice de la scène et aucuns pains n'est à noter. Tant pis pour nos amis boulangers. Les BZP enchaînent derrière et là aussi, la qualité est au rendez vous. Rien à redire. S'en est même bluffant. Tu fermes les yeux et tu as l'impression d'entendre le disque. Mais tu aurais tort car tu raterais le show de Forest, le seul pouvant se permettre un peu de folie, les autres étant enfermés dans des morceaux techniques et complexes, ne laissant pas trop de manoeuvre. Lui par contre s'en donne à coeur joie ; mime les paroles, fait les gros yeux, semble habité par des démons intérieurs, joue avec son micro, traverse le public... Bref. Gros concert, que j'ai pu apprécier du début à la fin cette fois, pas comme la veille. En parlant de fin, on y est. Les BZP en tournée sont plutôt sages. Ca ne s'éternise pas des lustres, n'enfile pas les canettes jusqu'à plus soif... pas d'afters endiablés, ce qui leur permet sûrement d'assurer avec rigueur date après date. C'est le "code of the road" pour reprendre l'ami DANKO JONES.


day 3 :

Une nuit sans histoires, un petit déjeuner frugal et une pizza plus tard, on est en route pour Bordeaux. Afin de passer le temps on joue au Baccalauréat dans le van, avec comme items : marque / ville étrangère / groupe / film / homme politique / pays / écrivain. On n'a vraiment rien d'autre à foutre et c'est une écrasante victoire de ton serviteur, il faut bien le dire. J'en connais un qui l'a mauvaise. Ah ça fait le beau avec un site dédié à la culture bis, underground, musique, ciné, littérature etc. (www.likesunday.com) et c'est même pas foutu de gagner au Baccalauréat... héhé. On arrive à Bordeaux et c'est même pas la peine de frauder au péage en collant la voiture de devant au niveau des caisses à CB, l'autoroute est gratuite. Même pas drôle. Un gars de l'asso Hell Punk Rock View nous rejoint et nous amène au Fiacre, bar tenu par le sosie de Bertrand Cantat et à l'escalier en colimaçon, plutôt chiant pour descendre le matos. M'enfin. Pendant que le reste de la troupe s'installe, Sam, sûrement dégouté de s'être pris une déculottée précédemment a besoin de se prouver, de nous prouver qu'il est un homme et me propose une petite séance de pompes. Comme je suis plutôt du genre pas contraignant, nous voilà partis à faire les marioles à coup de dix séries de vingt pompes. Les pompes, c'est comme pour tout. Ce n'est pas difficile, il faut de l'entraînement. Pour l'entraînement, il faut de la rigueur et de la détermination or il faut bien l'avouer, j'en manque cruellement. On s'exécute donc, sous le regard amusé des autres. Je crois même que Minmin film avec son téléphone (je ne suis plus à un "dossier" près). Je n'ai bien entendu pas respecté mes engagements et j'ai dû en faire 20 les deux premières séries, puis 15 les trois suivantes, puis une dizaine et j'ai arrêté à la septième ou huitième série. Ca c'est fait. Le merch est installé, le catering ingurgité (très bonne quiches!) et les gens arrivent en masse et à l'heure pour voir le premier groupe, NOWADAYS, du punk rock mélo basique, à consonnance Californienne. Sympa mais rien d'exceptionnel. Je vais à l'étage prendre l'air et qui est-ce que je vois? Guillaume Gwardeath! Ca fait une douzaine d'années que je suis ce mec au travers ces écrits (Kérosène, Punk Rawk, Abus Dangereux), son/ses blogs, son groupe DEJA MORT et je suis plutôt client de ce qu'il fait. Et c'est un des derniers personnages de la scène punk/rock/indé que je n'ai pas encore rencontré. J'ai eu la chance de faire la connaissance de daN de Kérosène, Frank Frejnik, Nasty Samy, Olivier Portnoi, Steph Rad Party, Mickson, Greg Réju, Lolo Prehisto (vite fait) etc. et lui, non. Il est assis au comptoir, à boire un truc et discuter avec quelqu'un. Comme je ne me vois pas le déranger en arrivant avec un "salut je m'appelle Guillaume Circus et j'adore ce que tu fais", je laisse tomber et tant pis pour moi car je n'aurais plus l'occasion de le recroiser de la soirée. Une prochaine fois, j'espère. Il doit jouer avec DEJA MORT au Guerilla Asso Fest début janvier à la Secret Place TAF et je dois être de la partie. A suivre. Ce qui suit c'est SPUDGUN. C'est pierrO qui m'en avait parlé la première fois, en des termes plus qu'élogieux et qui m'avait filé leur skeud. A ranger entre HOT WATER MUSIC et HOT SNAKES. Ils auraient dû s'appeler HOT SPUDGUN et c'était impec. Que tu ranges tes disques par style ou par ordre alphabétique, pas besoin de chercher des plombes dans ta discothèque, tu tombes pile dessus. Ca joue carré, propre, rien ne dépasse mais ça le fait bien. Il y a deux guitares qu'on discerne parfaitement et on sait pourquoi il y en a deux, ce qui n'est pas le cas de tous les groupes. Pareil pour le chant. Il y a un grain particulier et ce n'est pas un des zicos qui s'y est mis par défaut. C'est un vrai chanteur le Bud. Bref, du tout bon pour les mirettes et les cages à miel comme on dit. Les zombies clôturent la soirée de fort belle manière là encore. C'est une machine plus que huilée. Avec des musiciens aussi expérimentés, il ne fallait pas s'attendre à moins. Je termine la soirée en discutant avec le bassiste de SPUDGUN, Eric, qui s'avère être le bassiste/chanteur de TOMY, groupe punk rock Bordelais phare du milieu des 90's ; les petits frères des BURNING HEADS à l'époque. Il fait partie du collectif DV'S sur Bordeaux (label, orga de concerts, enregistrement de disques...) et m'inonde de leurs dernières prods, plus d'autres trucs. C'est Noël avec deux mois d'avance. Je repars avec KLIMAX (son autre groupe power trio où il chante et joue de la basse), le split SPUDGUN/HARRIS (groupe ricain qui ne mange pas de pain), SWEAT BABY SWEAT (rock couillu avec un ou deux SPUDGUN dedans), SWY (punk/rock/hxc avec un KLIMAX) et enfin ATLAS LOSING GRIP (punk rock Suédois à la ADHESIVE, SATANIC SURFERS). Ah oui, et j'oubliais MARTIN & DUBOIS, un duo noise basse/batterie. J'ai pas perdu ma soirée moi! J'ai bien mangé, bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue et j'ai aussi vu un chouette concert, récupéré un paquet de bons skeuds et rencontré des mecs cools. Un conseil, faites des émissions de radio. Même si tu n'es pas doué, il t'arrive des trucs sympas. Bon, bref, là c'est l'heure de plier le matos et d'aller chez Bud. Sa copine dort et bosse le lendemain. Et elle fait quoi? Elle travaille dans le Bordeaux! Ni une, ni deux, il débouche une bouteille de rouge pour la dégustation et il ne s'est pas moqué de nous. Excellent cru! C'est pas tout mais dans quelques heures je me lève pour prendre le train et rentrer à Montpel avec une courte escale à Toulouse. On est lundi soir, tard et je pars mercredi pour une semaine de tournée avec le groupe PAYDAY (no star band punk/hxc chaotique). Paye tes vacances r'n'r!

Out of ideas


9 jours sans concerts... Comment est-ce possible?! Après The METHADONES le mois dernier et en attendant TEENAGE BOTTLE ROCKET en février, on a droit cette fois à un autre groupe phare du label pop/punk américain Red Scare Rds, à savoir The COPYRIGHTS, accompagnés pour leur tournée française (qui est aussi passée par Montpellier et le Mojomatic) des anglais de ZATOPEKS. Le groupe qui devait démarrer la soirée n'était plus vraiment une Grosse x Surprise, enfin si tu fais partie du Milieu. C'était donc les Guerilla Poubelle, qui à dix jours près se faisaient une première partie au Rocher et la tête d'affiche au Bataclan. Qui dit mieux? Sauf que, sauf que, si vous avez bien suivi, ils étaient un peu en rade de bassiste, Kojak ayant jeté l'éponge (enfin sa basse) à Rodez précédemment. Pas grave, ce concert est l'occasion de faire connaissance avec le "remplaçant", Ken de FART AIR TONE (groupe punkrock parisien chantant en français mais ça, vous vous en doutiez). Une grosse cinquantaine de personnes se sont déplacées pour assister à cette première répétition et le gazier s'en sort pas mal du tout. Les blagues fusent, le petit nouveau a de la répartie et n'est pas le dernier pour balancer des bonnes potacheries. Ca promet. La bonne humeur est au rendez-vous, quelques pics sont envoyés au grand absent et c'est un bon concert de GxP auquel on assiste. Je ne comprends toujours pas pourquoi on les compare souvent, les assimile à la scène alterno punk 80's, BERURIERS NOIRS et consorts. Je n'ai jamais aimé ces groupes, $HERIFF mis à part parce que c'est du punkrock point barre. Et bien pareil pour GxP. C'est un trio punkrock, plus ou moins vénère, plus ou moins mélodique selon les morceaux et ça s'arrête là. Alors oui, ça plait aux djeunes (c'est un fait), ça chante en français avec des textes un peu rebelles, parfois naïfs mais sans jamais tomber dans la démagogie, sans slogans trop clichés. Et même si je ne suis pas partisan plus que ça des groupes à messages et que je ne suis pas d'accord avec toutes les idées développées dans les chansons (sur le vote par exemple), un peu de contestation n'a jamais fait de mal à personne. Surtout si le groupe en question bénéficie d'un peu d'impact, d'échos. Tout ça pour dire que même si je sais d'avance que je n'assisterais pas à un des concerts de l'année, je suis sûr de passer un bon moment lors d'un set de GUERILLA et c'était le cas. J'ai par contre totalement loupé celui des ZATOPEKS, trop occupé à discuter avec Frank Frejnik et Dina d'une éventuelle soirée One Again Asso sur Paris (où? avec quels groupes? etc.) et du prochain album d'ATOMIC GARDEN (indie/punk/rock de Clermont Ferrand), qu'il sort en double lp 10" sur son label Slow Death Rds. On s'est quand même interrompu quand on a vu le chanteur anglais caché derrière la porte qui donnait sur la salle, alors que ses comparses continuaient vraisemblablement de jouer... Puis est venu le tour des ricains. Dans la famille je casse les prix du merch je voudrais The COPYRIGHTS : 10€ le cd et 15€ les deux, 5€ le teesh. Pas mal non? Autant je suis fan sur disque et leur dernier album "Learn the hard way" va finir dans mon top 10 ou top 15 de 2008, autant le concert m'a moyennement emballé. Attention hein, je ne me suis pas fait chier, ça jouait bien, carré et tout, à l'améwicaine mais il manquait un truc, une petite étincelle. C'était peut être dû au manque d'interaction avec le public, au fait de trop enchaîner les morceaux, aux morceaux eux mêmes trop linéaires (pourtant ça ne me dérange pas sur skeud). Je ne sais pas... Toujours est-il que ça ne m'a pas empêché de prendre deux disques à la fin ; le dernier et un autre au hasard, "Make a sound". Il paraît que c'est pas le meilleur et que j'aurais dû prendre "Mutiny pop". Pas de teesh par contre, j'en ai déjà beaucoup trop.

Sunday, December 07, 2008

Interview de DO YOU COMPUTE (noise/emo/post hxc de Paris)



Cette interview a été réalisée en février 2008 et devait/doit sortir sur un fanzine au doux nom de 'Joining the circus'. Je pensais vraiment le terminer avant le 'Chinese Democracy' des GUNS'N'ROSES mais malheureusement ils ont été beaucoup trop rapides pour moi. Comme je viens de faire une émission radio avec les cocos et qu'ils partent une dizaine de jours en tournée pour la sortie brûlante de leur premier album 'And we are the winners...', je la mets là en attendant de l'utiliser autrement.
Bonne lecture



1)Do You Compute est une sorte de all stars band parisien. Pouvez vous vous présenter ?

Greju : Yop Guillaume, tout d'abord, merci pour l'interview, c'est notre première, si si ! Bon alors, 'all stars band' ça veut dire quoi ? Par rapport à quoi ? Ouais on habite Paris, c'est un fait. Ouais on a tous joué dans d'autres groupes avant, c'est vrai aussi, mais bon à part nous avoir donné de l'expérience, ça n'a jamais fait de nous des stars hahaha ! Ce terme est débile, alors t'es gentil mais tu retires ça de suite ou je te fais manger tes converse all stars, sale con. Non mais pour qui il se prend celui là, vous avez vu les mecs ?
Fabien : Non, moi j’assume je suis une super-star pour ma fille de 2 ans et demi
Greju : Ah bah ouais c'est ça vas-y donne lui raison aussi…Lécheur pfff…
Chewiii : Ouais fab il aime bien lécher les culs…
Greju : Bon et sinon, on se présente ?
Chewiii : Putain tu veux pas que j’te file mon CV non plus ???
Cyril : C’est vrai que l’on a déjà tous joué dans des groupes qui ont fait des concerts et sorti quelques disques mais le terme all stars band est un rien péjoratif, je pense que cela vient du fait de se présenter comme do you compute avec des membres de gameness, belle epoque, revok, seanews, use of procedure etc…sinon je joue de la basse et de la guitare.
Greju : Bah ouais on a voulu le dire à nos débuts, du coup maintenant ça ressort à toutes les sauces, mais du coup on déjà célèbre, hahaha ! Bon Fab est à la batterie, Chewiii à la gratte et au chant et moi à la gratte et au chant. Après sur certains morceaux on inverse nos instruments avec Cyril. On a tous entre 27 et 33 ans et on a des grosses bites. Voila tu sais tout.

2)A l’instar de certains groupes montpelliérains, vous avez vous aussi voulu faire un groupe « consanguin »…

Greju : ça y'est maintenant il nous compare à des groupes de Montpellier, pfff, elle va être chiante cette interview… A Mtp, y'a que des groupes de merde, alors en plus vu qu'ils copulent tous les uns avec les autres je crois pas que ça va arranger les choses hein. Et tu crois quoi ? Qu'on aime se retrouver associés à tous ces autres groupes parisiens merdiques ? On est les meilleurs, les autres, rien à foutre. Alors, bah ouais, on est de vrais fous tarés passionnés de musique et on n'arrive pas à ne faire qu'un seul groupe, on en a jamais assez, c'est comme ça, y'a des gens qui perdent leur temps à regarder le foot à la télé, bah nous on préfère perdre notre temps à faire d'autres groupes et donc à faire des répètes. Perso, j'aime tellement de style différents (enfin tout est relatif, ça reste tout de même toujours proche du punk-rock) que je n'arriverais jamais à me satisfaire entièrement avec DYC, c'est comme ça, et c'est un truc assez simple entre nous quatre, ça a toujours été transparent dès le début. En plus, je joue de plusieurs instruments, alors comment je fais moi hein ? Je vais tout de même pas virer Fab de derrière les fûts pour tel ou tel morceau… Alors bah ouais, c'est vrai à Mtp, ils font pareil, enfin pas tous, y'en a qui sont plus grave que d'autres (comme moi), comme Fred Marvin qui joue aussi avec Payday, Superbeatnik et Maybe you're motherfucker, mais on n'a jamais voulu faire comme eux hein, on le faisait avant hé ho.
Fabien : De toute façon, moi, je suis déjà issu d’une famille consanguine alors bon…hahaha
Pour résumer de mon côté, faire plusieurs groupes, c’est un prétexte pour être le plus possible entouré des gens que j’aime. Et partager avec eux. Si jamais à force on devient sourd comme des pots, j’espère qu’on fera autre chose ensemble, tiens justement, un atelier poterie par exemple…
Sinon, moi, les Montpellierains, je suis super FAN, surtout Superbeatnik qui possède un des batteurs les plus virulents que je connaisse : Pascal. Le gars est complètement anti-académique, et ça, ça me parle à fond. J’adore Shub aussi.
Greju : Ah mais attention, Shub ils sont de NIMES c'est pas pareil hein, ils vont te péter la gueule là… Mais moi aussi je suis fan des beatniks, ça botte le cul (l'album est une véritable boucherie !), Marvin ça tue et en plus ils sont beaux et Payday ça promet du lourd aussi…
Chewiii : Superbite, ouais ca tue, greg nous a fait écouter leur dernier, bon son bien gras qui tâche, j’aime bien… Sinon pour la consanguinité, le truc c’est qu’on fait pas exprès, tu vois les mêmes au concert, tu picoles avec les mêmes, tu fais le con avec les mêmes, ben au bout d’un moment tu fais de la musique avec les mêmes cons alcoolos…
Cyril : Ouais comme chewiii à force de voir les mêmes gens et d’écouter la même zique on finit par créer des groupes ensemble, chose qui je pense n’est pas réservée qu’à Paris et Montpellier.

3)J’aime beaucoup l’artwork et le format de votre première démo sortie cet été 2007, qui me rappelle les démos de Customers, que j’ai découvert récemment. Ce n’est pas tout à fait anodin sachant que Greg jouait dedans. Estimez vous important d’offrir un objet soigné (accompagné d’un sticker au passage) ?

Greju : Alors pour l'artwork tu iras dire tout le bien que t'en penses à Rica (http://charky.free.fr) et Tanxxx (http://www.tanxx.com), puisque c'est eux qui l'on fait, on leur a rien dit, donné aucune info, aucune volonté, ils nous ont donné ça et on a dit ok, point. On est plutôt facile à vivre hein ? Concernant le format, bah ouais on avait déjà fait ça avec Customers, mais bon, c'est vraiment une question de facilité, faire ce genre d'objet ça ne coûte pas cher, et comme on savait d'avance qu'on allait quasiment toutes les donner ces démos… Après ouais, un disque, même un cdr, c'est tout de même un truc que tu vas traîner toute ta vie (bah ouais), et si il est tout laid, ça va être dur à porter… Surtout aujourd'hui, à l'heure ou la gratuité de la musique est devenu quelque chose d'ordinaire (un peu trop à mon goût même…), si tu fais pas un objet un minimum chouette, tu risques de les garder un moment sous ton lit… Le sticker, ouais, c'est un plus, j'aime bien les stickers !
Fabien : Au début, j’ai essayé de faire moi-même la pochette, mais je dessine comme un gosse de 4 ans alors bon…bof.
Cyril : Menteur fabien moi je sais que tu déchires en dessin, et je suis sûr que tu peux nous faire une pochette mortelle
Chewiii : Putain j’ai vu une kro où le gars disait qu’il aimait pas ce qu’avaient fait tanxxx et rica…pffff, si j’avais leur talent....
Cyril : On voulait faire un objet cool et cheap pour minimiser les frais tout en soignant l’artwork. Et ouais il faut soigner le visuel c’est aussi un moyen de se rappeler du disque. (NDLGreju : Et de rattraper la musique, hahaha !)

4)C’est d’autant plus appréciable pour celui qui l’a, qu’en parlant «d’offrir», jusqu’à présent ces démos vous les avez plus données que vendues, n’est ce pas… Pourquoi ce choix ?
Greju : Et bien tout simplement parce que personne ne nous connaissait et que je trouve ça sympa de filer une démo. C'est aussi, on ne va pas le nier, une bonne manière de se faire connaître, d'avoir quelques chroniques, de trouver des concerts, d'avoir du monde aux concerts, en réalité c'est une opération marketing, rien de plus ! Bon par contre, je le dis bien fort hein, le prochain disque, faudra le raquer si tu le veux hein, parce qu'il nous coûtera bien plus cher celui là, y'a de fortes chances… Et puis il y'a un moment où perdre des thunes pour sa musique ça devient tout de même casse couille, c'est une passion, ok, nous faire des thunes, c'est pas le but et ça ne le sera jamais, mais en perdre, ça va, on a donné…
Fabien : sur ce point, je pense que mon côté « artiste » ressort…je veux dire par là, que j’ai une sainte horreur de faire commerce. Premièrement, je ne sais pas faire, et deuxio, ça va vraiment à l’opposé total de ma personnalité. C’est drôle, car à une époque j’étais vendeur en grande distribution dans une chaine de magasin de sport de merde. Je ne te dis pas comment le chiffre d’affaire se cassait la gueule avec moi. J’étais complètement inconscient, je donnais carrément des articles aux clients que je trouvais cools, je leur cordais des raquettes de tennis gratos…par contre, les cons qui se la pétaient « je suis le client Roi », je les zappais et je partais me planquer en réserve ou en salle de pause. J’avoue que je m’y retrouve très bien chez DYC à donner des démos gratos ! Vraiment je suis tout sauf commerçant. Les mecs de REVOK peuvent t’en parler, les albums j’suis incapable de les vendre à mes amis, je leur offre, et je sors le fric de mes poches pour remettre les comptes de la distro à jour !!! Ma Femme, ça la met hors d’elle : « mais bordel vends-les tes putains de disques ! ». J’en ai vendu qu’un seul à une copine qui a vraiment insisté pour l’acheter, et j’étais gêné comme un con.
Greju : Putain, ouais, heureusement que c'est pas toi qui fais les comptes ni dans le ménage ni dans tes groupes hein…
Cyril : Quoi tu files des disques de revok, putain mais on va te saigner hahaha !
Chewiii : C’est clair que c’est pas le style de la maison. !! Pour tous les groupes dans lequel je joue aussi d’ailleurs…j’sais pas, chelou cette gêne de réclamer de la thune pour nos skeuds… la seule fois ou on m’a demandé combien c’etait j’suis devenu tout rouge….
Greju : Moi j’en raffole pas non plus hein, je suis pas super commercial avec les disques du label, j’aime pas faire de la vente forcée avec la musique, mais bon, c’est une réalité, si je donne tout, je ne pourrai pas payer le prochain disque, alors bah je fais gaffe…
Cyril : Le simple fait de filer sa demo je trouve ça cool, et c’est vrai que ça permet de dire aux gens : « tiens écoute ça c’est mon nouveau groupe », ça sonne mieux que « tiens achète moi ça », mais malheureusement on peut pas filer tous nos disques…

5)Musicalement à l’écoute des 5 titres de la démo on ressent une certaine nostalgie des 90’s avec en tête des groupes comme Drive Like Jehu et tout de même un petit côté Loisirs aussi sur certains plans. Ce sont des influences que vous ne reniez pas ?

Greju : Ouais bon bah elle était facile celle là, c'est sur Drive Like Jehu on est super fans (enfin sans doute moi encore plus que les trois autres), suffit de voir notre nom pour s'en rendre compte… En revanche Loisirs, là je ne vois pas. Ouais c'est des potes et j'ai sorti leur disque mais de là à être influencé par eux, non je ne pense pas. En revanche, on a des influences en commun, ça ouais, des trucs comme Milemarker, Kurt, Shotmaker ou encore Les Savy Fav, ce sont des groupes que j'ai beaucoup écoutés. 'Une nostalgie des 90's', et bien je ne sais pas si on peut parler de nostalgie, d'une influence ça oui, c'est indéniable. Par exemple, concernant DYC je pense que des groupes tels que Drive Like Jehu, Hot Snakes, Janitor Joe, Fiddlehead, Blunderbuss, Thumbnail, Bullet Union, Frodus, Nation Of Ulysses, Three Penny Opera, Fugazi, Helmet, Jesus Lizard, Twelve Hour Turn, Hoover, Garden Variety, Dazzling Killmen, Unsane, Big'n, Bastro, Guzzard, Kepone, Shellac, Unwound, Condense, Portobello Bones et beaucoup d'autres ne sont pas pour rien dans le son que l'on fait. Et puis bah ouais, quasi tous ces groupes ont eu leurs heures de 'gloire' durant les 90's… Merde on vit dans le passé en fait hahaha !
Fabien : J’aime beaucoup Drive Like aussi, mais seulement depuis que je suis dans DYC ! haha ! Sinon, Loisirs, plusieurs personnes m’ont déjà fait la remarque par rapport à mon jeu de batterie, ça me flatte enormément !
Greju : Tu m'étonnes vu le niveau du Seb…
Chewiii : Drive Like c’est clair !!! Plus Hot snakes pour ma part, mais seulement depuis que je joue avec Greg… Sinon ce sont surtout les groupes Dischord qui m’ont influencé, je les ai écoutés des milliards de fois !!!
Greju : Laisse tomber, ils connaissent rien, je suis obligé de tout leur apprendre, c’est l’enfer… huhuhuhuhuhuhu !
Cyril : hahaha ! mais c’est vrai que tu nous as fait écouter pleins de trucs.
Chewiii : Rien ne sert d’écouter 1000 disques , il faut juste écouter 1000 fois le bon…… Odile ???

6)Je sais pour Greg, les autres êtes-vous pareils ? Mais en tant que «boulimiques» de skeuds et fin connaisseurs, quelles différences voyez-vous (s’il y en a) entre la scène, les groupes des 90’s et les plus récents, apparus après 2000 ?

Fabien : Par rapport à Greg, ma discothèque me fait honte. Je dois avoir 0.0001% de ce qu’il possède. Et niveau culture, le Greg est une sorte de Jedi par rapport à moi qui suis…on va dire un pauvre petit Ewok..pour situer… Les 90’s, c’est cette période qui a complètement façonné mes goûts, surtout la scène Grunge en fait. Pour ce qui est de la scène française, j’y suis venu bien plus tard, vers 2000 effectivement. Les seuls trucs que je n’aime plus du tout aujourd’hui, c’est tout ce qui est hardcore-warrior ou néo-metal-foireux, alors qu’a une certaine époque je pouvais me laisser prendre à ce genre de zic-esbrouffe. Enfin, j’ai jamais aimé les trucs trop « bling-bling » non plus, mais j’ai déjà un peu donné dans le genre entertainement tout pourri à la Korn ou autre. J’ai fait un groupe comme ça qui s’appelait TOMFOOL….putain…Mea Culpa.
Greju : Et c'était horrible hahahaha !
Chewiii : Putain ouais trop fort Tom Fool, tu parles pas du DVD ou t’es en guest sur scène avec Black Bomb A, hein Fab ?? ah ah ah….
Greju : Ho, on va essayer de répondre à la question hein ! Non en fait, elle est trop chiante ta question, je baisse les bras… Ah si j’ai un truc à dire ! Il y’a encore 10 ans c’était vachement plus facile d’avoir des ronds quand tu faisais un concert, c’est LA grande différence je pense. Aujourd’hui on a plutôt tendance à perdre des thunes en permanence dès que l’on décide de partir en tournée… Et musicalement (puisque je pense que tu voulais surtout parler de ça), et bien, depuis 10 ans la plupart des groupes ne font que reproduire des trucs des années 90’s, nous les premiers…
Cyril : Clair, en plus c’est sûrement les années où on était le plus influençable donc forcément ça ressort. En plus il y a eu une énorme quantité de skeuds qui sont sortis dans les années 90, c’était certainement plus simple que maintenant.

7)Il y a des bons échos sur cette démo, en tout cas les retours que j’ai pu avoir ou lire à droite à gauche (surtout à gauche !) sont plus que positifs. Y a-t-il une chance de voir D.Y.C. faire des dates en Province ou bien comme pas mal de groupes parisiens, allez-vous vous contenter des salles de la capitale ?

Fabien : Paris represent wesh !!! P’tain moi je me referais bien un trip dans les Pays de l’Est comme avec Gameness. De toute façon, mon rêve c’est de quitter l’Ile de France. Mais je ne crache pas sur Paris, j’aime y jouer, car une fois de plus, c’est un moyen de retrouver pleins de têtes que j’adore. En fait, je réalise qu’à Paris, nos concerts se font tout le temps entre amis. J’pense qu’un quidam qui entrerait par erreur, même si la zique lui plait, il se barre parce qu’il se dit « ha merde c’est un truc privé on dirait » !!!! HAHAHAHA ! et le pire, c’est que cet effet là, ça me le fait aussi hors de Paris. Que ce soit à Besançon, Reims, Rouen, Lille, Montpellier, Rennes…bah j’ai toujours cette impression de jouer devant des gens que je connais. Ça me va !
Chewiii : Paris on commence à connaître.. c’est pas que c’est pourri mais l’intérêt c’est quand même de tracer la route avec ces trois branleurs, picoler, rigoler, pas s’laver, et jouer ….hmmm.
Greju : Oh oui faire des concerts dans le sud, oh oui ! On va y venir, c’est prévu, dès que nos emplois du temps le permettront, on se barre en tournée. Mais tu sais si la plupart des groupes parisiens (je parle de la scène DIY hein, pas les gros blaireaux en voie de professionnalisation que l’on peut voir fleurir un peu partout) donnent l’impression de rester ici, c’est souvent pour des raisons simples, les thunes. Exemples : Pas de camion, et de toute façon va le garer à l’année à Paris, des frais de répétition énormes (studios de répète onéreux, galères pour trouver un local…) et des frais de location de camion impossibles (quasi le double que dans certaines villes de province). Bref, tout ça pour dire que faire du rock à Paris, c’est encore plus dur qu’ailleurs, je trouve. Après l’avantage, c’est vrai, c’est que y’a pas mal de lieux où se produire, même s’ils ont tendance à se raréfier tout de même…
Cyril : J’espère que l’on ne va pas se contenter de jouer sur Paris, même si comme les autres c’est une ville que j’adore. Mais le fait de partir en tournée c’est tellement bon, se vider la tête ne penser à rien mis à part la musique, rencontrer des gens loin de chez soi ça le fait aussi.

8)Greg, tu n’est pas que musicien (multi instrumentiste d’ailleurs). Peux-tu parler de tes autres projets ?

Rejuvenation :

Greju : Ouais, je suis le 'boss' du label Rejuvenation dont je m'occupe avec Agnès ma femme. On ne gagnera jamais notre vie avec, on en chie comme des dingues pour écouler nos disques (je vois des mauvais langues au fond dire 'c'est normal ils sont nuls', haha !) puisque que plus personne n'en achète et que ça n'est pas près de s'arranger mais on continuera, moi je veux y croire encore. Après qu'est ce que je peux dire ? Allez vite fait, un historique. Le label existe depuis décembre 2003 (merde plus de 4 ans déjà !), nous avons bientôt 28 sorties au catalogue, certaines sont épuisées (hourra !), d'autres pas du tout, pour plus d'infos allez faire un tour sur le site http://www.rejuvenationrecords.com, nos prévisions (sachant qu'on est jamais à l'abri d'une annulation de dernière minute) pour 2008 :
-Là y’a l’album (en LP uniquement) des australiens de Scul Hazzards que je dois recevoir dans les jours à venir.
-Le 1er 'album' des ptits jeunes parisiens foufous de Warsaw Was Raw (en cd et 7') dans le mois d’avril.
-Les ricains de New Brutalism, nouvel album en cd vers avril / mai.
-La démo de Ultracoït
-Une compil basée justement (voir question 2) sur le principe des groupes parisiens consanguins en cd.
-Un album de Do You Compute ?
-Une participation au second album de Shub.

Et ça sera déjà pas mal du tout pour cette année.


Gtok? Gtko! :

Greju : C'est une asso que nous avons monté avec trois amis :
*Thierry TEMPÊTE DANS TON BOURG www.t-dt-b.org
*Olivier NEXTCLUES www.nextclues.com
*Karine-Francoise Massacre NOISE MAG www.noisemag.net
Notre objectif principal est de mener à bien notre projet de Café de jour associatif qui comprendra - à terme - une médiathèque spécialisée (musiques indépendantes / underground / alternatives), un centre de ressources sur les réseaux alternatifs (labels, organisateurs de concerts, salles, lieux alternatifs, agenda concerts, etc), un espace événementiel (concerts, expos, débats, séances d’écoute) et d’autres activités liées à la promotion, à la diffusion et à la pratique des musiques indépendantes parallèlement à l’organisation ponctuelle de concerts en région parisienne.
Plus d'infos ici : http://gtokgtko.wordpress.com et ici : http://www.myspace.com/gtokgtko

9)Pour terminer, le futur plus ou moins proche de D.Y.C., c’est quoi ?

Greju : Composer, composer, composer. Faire des concerts. Enregistrer quatre morceaux, deux pour la compil Rejuvenation mentionnée plus haut et deux autres pour des tributes mais on dit pas de qui, surprise. Et encore composer, composer, composer et sortir un putain d’album avant la fin de l’année… Faire des concerts... Et partir jouer dans les montagnes devant les mayas, au pays de l’oiseau qui mange des serpents, le Guatemala. Quoi ? Bah ouais, pourquoi pas ?
Chewiii : Putain sortir un skeud pour tracer la route bordel !!!! On a juste fait un mini tour sur un week end pour le moment et c’était bien marrant. A refaire et refaire... plus long… plus bon….

10)Le mot de la fin est pour vous, attention vous n'avez droit qu’à un seul !

Greju : Fab dit un truc ! Sale con.
Chewiii : J’aime vos femmes….
Greju : Moi j’aime surtout la mienne. Un seul mot ? Euh… PASSION ! Merci à toi et longue vie à ton zine !



Merci à eux. Pour le zine on verra, l'accouchement est quelque peu douloureux. En tout cas ne les ratez s'ils passent par chez vous. Regardez comme ils sont beaux. Et procurez vous ce disque de winners!

Saturday, November 22, 2008

Weekend Guerilla (10&11 octobre)

Comme je suis une feignasse de fonctionnaire de l'Education Nationale, prof de sport qui plus est (le summum de tout si j'en crois les réflexions que je peux avoir ici et là par des gens jaloux qui n'ont qu'à passer des concours), je ne branle pas grand chose de la semaine et suis en weekend assez tôt. Le jeudi en milieu d'aprèm pour être précis. Du coup, Till de GUERILLA POUBELLE m'avait proposé de les accompagner de temps en temps, sur des weekends qui pouvaient m'intéresser, soit en fonction de la prog et les groupes avec qui ils jouaient, soit en fonction de la ville où ils allaient. Ils avaient toujours besoin de copains pour aider à conduire le van, tenir le merch et plus simplement il y a 9 places dans le camion alors autant en profiter! Là ça m'ennuyait car cela me faisait rater le concert de NEDGEVA (post hardrock de Colmar) à la Féline à Paris mais en même temps, cétait l'occasion de descendre dans le Sud (Toulouse et Rodez) et de revoir tout un paquet de potes ; les CHARLY FIASCO, pierrO des To Loose Punkers, Cu! de Kicking Records, Jé de JERRY SPIDER GANG et GREEDY GUTS etc. etc. Donc je réserve ma place, on prend rdv pour le vendredi matin, 8h devant chez Till et let's go!

day 1 :

On est cinq à partir de Paris ; Till, Koj' (basse), Grincheux (ingé son), Willy (du club "vegan et picole" ou un truc comme ça, qui tient le merch et propose des infos sur les végétations euh riens enfin végétariens) et moi. Alex (batterie) doit nous rejoindre en train de Lyon et Damien le managueur de stars fait aussi le trajet par voie ferrée. En général en voiture soit je conduis, soit je pionce. Willy a l'air motivé pour conduire malgré mes nombreuses propositions, donc je dors pas mal, pour me remettre de ma rude semaine de labeur. L'autoradio est branché sur l'ipod de 80Go de Till en mode shuffle pendant les 7h que dure le trajet (il a bien bombardé le Willy!) ; il y a des trucs qui me bottent, d'autres moins. On arrive au Bikini de Toulouse en trouvant super facilement et il fait 25°, un soleil de fou... on se croirait en été! D'ailleurs l'ambiance est plutôt à la fête puisque lorsque pierrO le grand schtroupmf des To Loose Punkers nous accueille, il y a déjà un soucis en moins. Grâce aux prélocs (3-400), le concert est rentabilisé. Tout le monde, enfin l'orga, peut se détendre. Faut dire que c'est une grosse salle le Bikini. Dans la semaine sont passés Stéphane Eicher, Suzanne Véga, le lendemain il y a Tryo (tous à des tarifs avoisinants les 25-30€) mais ce soir place aux "inconnus" de GxP et la place à 8€ (hors frais de loc). Les groupes arrivent les uns après les autres, ça balance, s'installe, boit des cafés ou des demis en terrasse pour faire une cure de soleil, se pose en loges (les GxP partagent la leur avec les Charly) et les gens arrivent petit à petit. Bon, "petit" n'est peut être pas le mot adéquat parce qu'il y a foule pour une fois. C'est l'effet Guerilla que je peux vraiment apprécier ce soir. Au final il y aura dans les 800 entrées! Les concerts démarrent et ce sont les CHARLY FIASCO qui ouvrent le bal. Ils sont chez eux, tout comme les JERRY SPIDER GANG qui suivent avec leur punkrock plus garage. J'ai pas vu grand chose des concerts en fait ce soir là, vu que j'ai passé mon temps à faire des allers retours entre la salle et les loges pour remplir mon verre, celui de Cu! qui n'avait pas le pass "all access" et d'autres, à discuter aussi dans le patio, au merch, donc je voyais les concerts de loin et écoutait distraitement... Celui des Charly semblait bien en place, toujours entrecoupé des blagues de Romain Boule, le guitariste chanteur, qui n'a pas de houpette mais que je verrais très bien jouer Tintin, dans une adaptation cinématographique. Celui des Jerry m'a un peu ennuyé au bout d'un moment. Je garde un meilleur souvenir dans leur passage au Subsonic à Montpellier il y a quelques années mais il y avait 2 grattes à l'époque. Arrive un interlude vidéo, que je trouve pas très très intéressant perso, puis je vois 2-3 morceaux des DIRTY FONZY (punkrock d'Albi), qui ont apparemment dressé la plus longue liste d'invits dans l'histoire des concerts r'n'r indés (une trentaine!) et m'éclipse pour trouver Till. Il était malade comme un chien la semaine précédente et était sous médocs qui lui fragilisaient les tendons donc il avait besoin de s'échauffer avant de jouer. Parce que Till en concert c'est pas Noel Gallagher, il y a un peu plus de dynamisme. C'est là que j'entre en jeu et qu'on me fait bosser même le weekend. Tout se perd! Nous voilà partis à trottiner dans les couloirs des loges, à faire des exos d'échauffements des muscles et articulations. Pour une fois, en face de moi j'ai quelqu'un qui est attentif, fait exactement ce que je lui demande... ça me change des petits cons de collégiens. Des personnes nous croisent, semblent trouver ça drôle, sont limites moqueurs. Faut dire que le rock et le sport ça fait en général pas bon ménage. J'ai bien dit en général car il y en a pour qui c'est l'inverse. Samuel Guillerand, si tu me lis... Et vous saviez que les AGAINST ME!, après chaque concert, se tapent 1h de corde à sauter? Mais je m'égare là. Concert de GUERILLA POUBELLE donc, bien énergique comme d'hab, les gamins dans la fosse sont plus que réceptifs, slamment, chantent et connaissent les paroles des chansons mieux que Till. Je ne suis pas fan de tous les titres de GxP, surtout quand c'est un peu too much "hardcore" mais tout en restant d'une simplicité extrême, il faut avouer qu'il y a des morceaux diaboliquement efficaces ("Tapis roulant", "Punkrock is not a job" etc.). Allez, the party's over, c'est l'heure de plier boutique, il n'y a de toutes façons plus rien à boire dans les loges. Bilan plus que positif pour cette soirée en tout cas. Tout le monde s'est régalé, a été défrayé correctement (voire plus), on se fait des bisous et se dit à demain avec les CHARLY FIASCO qu'on retrouve pour la date à Rodez et à plus tard pour les autres puis on suit pierrO qui nous héberge chez lui, dans un bled proche de Toulouse. Une dernière bière et au lit.

day 2 :

Une bonne nuit de sommeil et le lendemain matin/midi, pierrO nous fait écouter le dernier OpeNightmare, qui est au pressage et devrait arriver sous peu, pendant qu'on déjeune. Il y a une nette évolution avec le précédent mais toujours cette voix caractéristique de Yoorwell (guitariste chanteur). On a aussi droit en avant première à la démo (enfin l'enregistrement d'une répèt avec un micro au milieu) d'IVAN REBROFF'S ARMPITS, son autre groupe plutôt screamo crust/punk avec Bruno de RAVI, qui permet à chacun de s'exprimer encore davantage, dans un autre style. Puis doucement mais sûrement on se dirige vers la Guinguette Lautrec à Rodez. On a perdu Willy au passage (rentré en train sur Chartres) mais récupéré Alex, Damien et le jeune Antho (guitare/chant des PRETTY JOHNNY, punkrock en français de Montpellier), qui se tape ici l'incruste. Ca discute pas mal dans le camion entre Till, Damien et Alex de Guerilla Asso, des projets, des ZABRISKIE POINT et de François Bégaudeau... J'ai pas le droit de tout raconter non plus... Là aussi on trouve le lieu facilement et on est même en avance puisqu'il n'y a personne pour nous accueillir. On passe le temps, les CHARLY FIASCO arrivent peu après accompagnés de monsieur Brice Beillant, qui les suit depuis hier pour faire une sorte de reportage vidéo comme il a fait avec les FLYING DONUTS mais avec une autre approche, correspondant davantage aux Toulousains. La faim commence à se faire sentir car on n'a rien dans le ventre depuis le petit déj et puis finalement les gens du bar arrivent. On décharge le matos, commande la première bière. La salle est petite mais en même temps on est à Rodez hein! C'est moi le préposé au merch de GxP alors j'installe ça au fond et c'est déjà (enfin) l'heure de manger. Et on n'a pas attendu pour rien!! Ils savent recevoir à la Guinguette, on se croirait au resto. Il y a du monde quand les CHARLY démarrent leur set mais aussi bizarre que ça paraisse, personne n'est encore venu faire un tour au merch. Alors que perso, quand je pénètre dans une salle, c'est le premier truc que je zieute. Et quand y a une distro avec pleins de skeuds, je suis comme un fou. En plus j'avais entendu des trucs sur le stand de GxP qui était à chaque fois pris d'assaut et là, alors que c'est moi, nada. Rien. La looz'. Je me fais chier. A peine quelques mots échangés avec Damien, qui passe la soirée à recevoir et envoyer des textos. Je vois plus du concert des CHARLY que la veille (en même temps c'est pas dur). Ce Romain Boule (guitare/chant) est vraiment un boute en train. Il pourrait sans problèmes arrêter la zik et monter un one man show s'il le voulait. Antho, dont je parlais tout à l'heure, se tape d'autant plus l'incruste qu'il monte à un moment sur scène pour jouer de la gratte à la place de Romain. Il me semble que c'est sur le morceau "Evolution d'une génération". Il est pas venu pour rien en tout cas le jeune! Leur concert se termine et c'est au tour de GxP d'investir la scène. Comme partout où ils jouent, il y a des fans. Même à Rodez où la Guinguette est bien remplie (et toujours quasiment personne n'est venu fouiner dans "mon" stand). Quand soudain, au bout d'une trentaine de minutes de show, Koj' pose sa basse, traverse la salle et vient demander les clés du van à Damien à côté de moi. Pas d'explications particulières. Il réclame les clés, les prend... et on ne le reverra plus vraiment de la soirée. [Je crois que c'est à ce moment précis qu'il n'a plus vraiment fait partie de GxP, pour finalement quitter définitivement le groupe quelques semaines plus tard, après leur date au Bataclan.] Dans la salle par contre, les jeunes en redemandent. Le patron, Frag, monte sur scène et les apostrophe "vous en voulez encore! montrez donc à ces parisiens que vous en voulez encore!!" Entre temps Damien à fait l'aller retour au camion et c'est sûr, Koj' ne reviendra pas. Du coup, le petit Antho, qui était sur le côté dit à Till qu'il connait quelques morceaux et qu'on peut tenter le truc. Aussitôt dit, aussitôt fait, c'est parti pour un morceau où il s'en sort pas trop mal. En fait il en connait plusieurs et c'est donc un gros rappel d'une quinzaine de minutes qu'il fait en compagnie de GxP en s'en tirant avec les félicitations du jury. Pendant ce temps, Frag est remonté sur scène avec une bouteille de whisky dont il verse de grandes rasades aux musiciens et au public juste devant. La bouteille rapidement finie, il se lance dans un slam, non sans avoir au préalable décroché et serré précieusement sa banane, qui doit sûrement contenir une partie de la recette du bar. Bref du grand n'importe quoi cette soirée et c'est pas fini... Les gens viennent enfin acheter des skeuds, des tee shirts, prendre des stickers, des compil' gratos. Je sers enfin à quelque chose. Et la soirée bat son plein car le bar fait aussi "after", jusqu'à tôt le matin! Moi je me sers bières sur bières, on commence ensuite à plier le matos pour rentrer tous ensemble (les deux groupes) à l'hôtel/foyer où l'on est hébergé. Romain et Dick (bassiste des CHARLY) sont les derniers à rejoindre le camion et ils n'arrivent pas les mains vides ; Frag leur a donné 3-4 bouteilles de punch pour qu'on finisse la soirée dans de bonnes conditions. Cool! On arrive là où l'on doit dormir et sommes accueilli là encore très bien par le gardien du truc, qui nous file nos clés, se rencarde à quelle heure on doit prendre le petit déj. 7h! Argh! T'es sûr Damien? Ah oui, tu veux arriver sur Paris avant les bouchons... ok. Hein? Quoi? Il y a un mariage de réfugiés libanais dans une des salles! Il nous en faut pas plus, dans l'état éméché où l'on est pour que l'on se rende dans la dite salle pour constater que c'est vrai. Brice filme avec sa caméra. Tout le monde est saoul et rigole bêtement. On pénètre dans la salle et on est quasi aussi nombreux qu'eux. On doit leur faire un peu peur. Du coup on les laisse tranquille et regagnons les chambres. Vu l'excitation de tout le monde on n'a pas vraiment envie de dormir même s'il est 3h du mat et que le camion GxP se lève à 7h le lendemain. Damien va quand même se coucher pour être en forme pour conduire et on se retrouve tous dans la chambre de Till à boire les bouteilles de punch, raconter des conneries et écouter sur laptop les prochains JUSTIN(E) et DOLORES RIPOSTE. Romain, Brice et un ou deux autres restés en bas nous rejoignent. Romain a bien évidemment dansé avec la mariée, est monté sur une table... Du grand Romain Boule quoi! Je vais finalement me coucher vers 4h du mat et quand mon réveil sonne peu de temps après, je fais pas trop le malin. Un petit déj et on embarque dans le camion. Damien conduit, heureusement, et au bout de 2 min 30 je sombre dans les bras de morphée. 10h arrêt à une station service, un café, un deuxième, on change de conducteur et je prends le volant. Grincheux a la très bonne idée de proposer du HOT WATER MUSIC comme zik. Banco. On se met "Caution", "A flight and a crash" puis d'autres trucs que j'ai oublié et ça file direct jusqu'à Paname. Chouette weekend en tout cas. Epuisant mais à refaire.

Thursday, November 20, 2008

It was all just a dream


J'avais repéré ce concert du 07/10 cet été, grâce à la date inscrite dans l'agenda myspace de Stéphanie "Kiss the bottle". A l'origine c'était censé être à la Miroiterie à Paris et OFF WITH THEIR HEADS devaient passer avec FOUR LETTER WORD. Ces deux groupes m'étaient totalement inconnus mais vu que la charmante miss est loin d'avoir mauvais goût en matière de musique (c'est même le contraire), je m'étais un peu renseigné et quelle n'avait pas été ma surprise de découvrir un groupe de chez No Idea Records (le meilleur label du monde! Gainesville, Florida) et un autre de chez Newest Industry (son pendant à Cardiff). Finalement le concert est déplacé à la Mécanique Ondulatoire (ça c'est la good news) mais on perd les Gallois au profit de deux groupes parisiens ; LUCRECE GORGIA et LOBSTER KILLED ME (ça c'est la bad news). Le premier a l'air de sonner plutôt street punk 77 et ça ne m'emballe pas plus que ça. L'autre, par contre, a d'une un nom qui tue (facile!) et de deux les morceaux sur le split CD sorti chez Chanmax Records, qu'ils partagent avec NOTHING MORE et NECKHOLE sont pas dégueux ; du punkrock assez mélo mais plutôt rapeux... Manque de bol, on se fait un petit apéro des familles chez moi avant et bien sûr on arrive sur place, après s'être pris une bonne saucée, juste quand tout le monde remonte de la salle. D'après les dires de certains, c'était carrément bien. Fuck! Le temps de dire bonjour aux copains, d'avoir la confirmation de Till (GxP) qu'il y a une place pour moi dans leur camion ce weekend pour descendre à Toulouse au Toloose Punkers Fest (yeahh!), de me rendre compte que sa copine arbore fièrement le même sweat shirt HOT WATER MUSIC que moi, acheté lui aussi au Groezrock en mai (arf) et de prendre un ricard que je descends les marches pour aller me placer devant. Il y a quand même pas mal de monde (une centaine d'entrées au final) et je n'ai pas envie de rater une miette de leur prestation. Je n'arrête pas d'écouter en boucle leur dernier album que j'ai téléchargé (oui, oh, hé, hein, bon!) et y a moyen de se prendre une bonne fessée ce soir. Je suis venu pour ça en tout cas. Bon, ils ne m'ont pas mis KO mais j'ai pris très cher quand même! Un des meilleurs concerts que j'ai fait cette année ; un show à l'américaine comme les groupes de punkrock indés savent si bien le faire. Ils arrivent, ne ressemblent à rien, pas de look particulier, des bons bidous (ventres à bière), se branchent et c'est parti! Quasiment pas de temps mort, de répis même s'il y a quelques interactions avec le public. Ils sont super souriants, généreux et alignent les chansons avec ce qu'il faut de sing-along et handclaps pour que la bonne humeur règne dans la salle. Ils n'ont que des tubes ; leur dernier album "From the bottom" sera pour sûr dans mon top 10 de 2008! Un show donc, tout en énergie et simplicité en même temps, et carré de chez carré. 45 min où l'on a le sourire aux lèvres et où l'on ne pense à rien d'autre, ça fait toujours du bien par là où ça passe. Du coup obligé de passer par la case merch. Les teesh sont assez moches, il faut le dire, avec un logo moyen mais surtout des couleurs orange, jaune, vert, assez criardes. Sans moi. Dommage. Remarque j'en ai tellement qu'ils s'empilent dans mon armoire. Des skeuds aussi j'en ai un paquet mais no way que je reparte sans. Je voulais au départ les prendre en vinyls mais comme il pleut un max, j'ai peur de les abimer. Je prends alors deux cds ; le dernier album plus un autre "All things...", qui s'avère être une compil' de face-B, inédits, EP... On enchaîne les verres, discute avec Seb "Punkfiction" du film "Entre les murs" vu la veille, avec François Bégaudeau (ex chanteur des ZABRISKIE POINT et maintenant écrivain un brin provoc). J'ai du mal à comprendre tout le battage médiatique qu'il y a eu autour, la Palme d'Or à Cannes etc. Pour moi il y a des scènes qui sont plutôt bien représentatives de ce qui peut se passer dans une salle de classe et d'autres complètements farfelues et mal jouées. Bref. Il est temps de partir et merde! Il ne pleut plus! J'aurais pu prendre les albums en LP, au même prix (10€) mais dans un format vachement plus sympa qu'une boite en plastique... Fuck!

Topunk Losers

Moins d'une semaine et je retourne à La Pêche le samedi 04/10. Y a les OpeNightmare qui jouent. C'est un groupe punkrock de Toulouse et surtout celui de pierrO, le grand schtroumpf du collectif Toloose Punkers (environ 200 concerts organisés en 4 ans dans la ville rose, ça force le respect). On ne s'est rencontré qu'une seule mais ça a suffit pour se rendre compte qu'on parle exactement de la même chose. Ce mec a une culture musicale, une sagesse et une gentillesse à toute épreuve. Si je vous dis qu'en plus dans la vraie vie, celle de nos parents, où l'on travaille, paye des impôts, où les gens sont moroses, quand on tombe le costume de punkrocker, lui il endosse celui d'Indiana Jones, fait des missions en Amazonie, des conférences en costard (et cheveux roses!) sur les dinosaures etc. Là je dis chapeau! You rule mec! Bref, je devais donc aller à La Pêche pour le voir. Y avait aussi CARTOUCHE et LA FRACTION (anarcho punk) à l'affiche. Pour être honnête, je n'avais pas entendu que des bons échos sur OpeNightmare et l'album que j'avais reçu ne m'avait convaincu qu'à moitié mais là ils étaient sur le point de sortir leur troisième skeud avec des morceaux "bien meilleurs et qu'ils se régalaient davantage à jouer sur scène", dixit pierrO. Et sur ces quelques dates, c'est Bruno de RAVI (emopunk sans mèches de Caen), récemment émigré à Toulouse, qui faisait la deuxième guitare alors raison de plus pour se bouger. Bon, si vous avez bien lu ce que j'ai écrit plus haut, je "devais" les voir mais ça n'a pas été possible. Je suis arrivé trop tard. Car avant La Pêche, il a "fallu" faire un apéro chez moi, puis passer retrouver Fred (aka "la crevette"/Billy The Kill) de passage à Paris, dans un bar pas trop loin et au final, même si cette fois j'ai retrouvé la salle du premier coup, ils venaient juste de terminer quand je suis arrivé. Du coup on discute devant en buvant des canettes achetées à l'épicerie plus haut et d'autres taxées aux O.N., qui prennent la route de suite derrière. Bruno est dégoûté. Quand au début du concert il s'est présenté en disant, taquin comme il est, que n'ayant fait qu'une répèt, quand il ne saurait pas quoi faire, il ferait des solos, y a apparemment un punk qui a gueulé "c'est ça ouais, coiffeur!" "Quoi faire" / "coiffeur"... héhé. Faut préciser qu'il a une très belle coupe de cheveux. Bon bref. Le temps passe, on reste à discuter et s'enfiler des bières pour changer et se réchauffer. Il y a du beau monde ; Frank "Slow Death" et sa copine, Olivier Portnoi, Steph "Rad Party", Steph "Kiss the Bottle" (qui ne doit pas ce surnom à son penchant pour la boisson, enfin pas plus que d'autres mais rapport à un morceau de JAWBREAKER), Dina "One Again", Marsu "Crash Disques", Alex "Justin(e)", Fixe (le mec à lunettes en gros plan sur leur dernier disque)... et le concert se termine. C'est que le début de la saturday night fever. Je propose d'aller chez wam. On trace finalement à la Mécanique Ondulatoire, qui est pas loin de mon appart. Déjà l'heure de la fermeture?! Pas grave, on s'arrête acheter du carburant et on finit à la casa (certains se sont eclipsés en loucedé) à tchatcher et écouter des skeuds jusqu'à point d'heure. Avec Frank on fait découvrir les Toulousaings d'X-OR (le duo le plus débile et drôle que je connaisse) à Olive avec "Oï" ("on a fait le plein de coke, on est remonté à bloc, oï oï! oï oï!"), la reprise du petit bonhomme en mousse à la Vincent Delerm style et d'autres morceaux bossa, zouk décalés (coupez!). Tout ça se termine au petit matin, juste avant les premiers métros, quand je leur montre sur le net des vidéos et chansons d'UN POQUITO SENOR (one man band side project du batteur de MICROFILM et MYRA LEE). Là aussi c'est gratiné et il y a du lourd! Des standards de la chanson française repris avec un accent pér a/u vien (péruvien pérave), ça vaut son pesant de granola. Bon fini de rigoler, tout le monde dehors, dodo et comatage de rigueur le lendemain...

Sunday, November 09, 2008

The most important are the smallest signs


Après l'éprouvant weekend passé à Montpellier, j'avais prévu ce lundi 29/09 d'aller à la Pêche (Montreuil, 93) pour assister au concert des SONS OF BUDDHA + DEAD POP CLUB + DIRTY FONZY. M'étant allongé, fatigué, en rentrant du collège et repoussant mon réveil de 30min à chaque fois qu'il sonnait, j'ai failli ne jamais y mettre les pieds. Jusqu'à ce que deux copines (Dina et Stéphanie) m'appellent quasi à la suite pour me demander si elles pouvaient passer chez moi boire un verre avant le concert. Je n'avais donc plus trop le choix. Il faut dire que d'une j'habite sur la ligne de métro qui mène à la Pêche et de deux il n'y a pas d'alcool en vente dans cette salle. Ils n'ont pas la licence. Du coup on démarre l'apéro, mais sans s'éterniser car la bonne nouvelle c'est que ce sont les DEAD POP qui ouvrent le bal et les DIRTY FONZY qui le clôturent. Je n'ai rien contre ces derniers mais ce n'est pas le groupe que j'ai le plus envie de voir ce soir et vu mon état je risque fort de passer mon tour. On s'arrête vite fait chez le libanais du coin acheter un sandwich kefta, indéfiniment meilleur que tous les kebabs du monde. J'y vais en général avant chaque concert donc autant dire qu'ils me voient souvent et ils sont plutôt généreux. Dans le métro on croise Seb du webzine Punkfiction et du groupe LORDS OF THE PINT. Il y a son alcoolique aussi... euh son acolyte. En sortant du métro on s'égare un petit peu pour retrouver la salle, par ma faute. Dire que j'enseigne la course d'orientation à des gosses. En même temps je n'y étais allé qu'une fois l'année dernière alors bon... Pour changer ce n'est pas la cohue devant, ni dedans. Ok, on ne se presse pas toujours pour voir les premières parties mais bordel, c'est DEAD POP CLUB! Ils existent depuis une dizaine d'années, ont sorti trois disques vraiment bien (notamment les deux derniers) et même si leurs prestations scéniques ne sont pas explosives, les morceaux se suffisent à eux mêmes. Bref. Comme d'habitude, à chaque fois que je les vois, c'est Olivier Portnoi (guitare/chant) qui assure le "spectacle". Il se démène, bouge de partout, joue de la gratte assez bas (ça c'est r'n'r!), fait des sauts. Dès le début il va même se planter et comme il le dit, "c'est aussi ça un concert de DEAD POP CLUB ; des cascades". Une bonne ambiance en tout cas même s'il n'y a pas trop de réactions de la part du public. En même temps je dis ça mais je n'en fais pas plus que le minimum syndical d'applaudissements entre les morceaux. Il y a 2-3 inédits, vraiment vraiment bons (surtout celui qu'ils dédicacent à une des infirmières ou médecins dans Urgences... je ne vois malheureusement pas de qui ils parlent, j'ai décroché une fois que George Clooney est parti.), qui laisse présager un nouvel album de très bonne facture mais qui ne connaîtra pas l'estime qu'il mérite. On est en France, il faut se résigner à ce genre de choses... Un chouette set en tout cas, bien carré et c'est l'avis de plusieurs personnes dans la salle, qui s'est bien remplie petit à petit. Place maintenant aux SOB. Après les avoir vu deux fois en acoustique je suis content de les voir en électrique et je n'ai pas été déçu... oh non! Première chose, j'ai du mal au début à reconnaître Forest (guitare/chant). Il a coupé toute sa grande tignasse et barbe qui en faisait un mix entre The Dude (dans The Big Lebowski) et Jesus (mais pas celui de The Big Lebowski). Les POOKIES étant en stand bye depuis que Fred le guitariste est parti lancer des couteaux et jouer du flamenco en Espagne, dans The BLACK ZOMBIE PROCESSION, il ne fait que chanter, là avec SOB, il s'en donne à coeur joie et martèle, maltraite sa gratte dans tous les sens. Et puis il y a cette voix, une des meilleures du circuit français, voire plus. J'adore l'entendre chanter car non seulement il est juste mais à l'opposé de son (ses) frère(s), il peut se permettre de varier de registre alors qu'Ed (batterie/chant) est quasiment tout le temps sur la même tonalité, un peu trop bubblegum pour moi. Les morceaux des deux albums sont joués et je ne regrette pas de m'être fait violence pour venir. Ca ne révolutionne rien musicalement mais c'est diaboliquement efficace. J'espère qu'ils seront dispo pour la One Again Asso party 3 en janvier, qui promet encore d'être une folle soirée. Celle là se termine pour moi avec le dernier morceau des SOB. Je n'ai pas le courage d'attendre le set des Albigeois de DIRTY FONZY. Désolé les gars. Un dernier tour dehors pour dire au revoir à ceux qui picolent, devant la salle, des canettes achetées à l'épicier arabe du coin, qui doit être content quand il y a des concerts punkrock à la Pêche, et let's go back home.

Saturday, November 08, 2008

Ferarude réunion

Le lendemain (samedi 27 sept), le réveil est donc un peu rude. J'ai rdv à 12h à la radio pour le repas. La réunion Férarock est à 14h et l'apéro (pour lequel on m'a demandé de convier quelques artistes / activistes du coin) à 18h. Il y a au final très peu de radio représentées (5 sur 30). La Féra en déclin? L'Eko boudée, marginalisée? Un peu de tout ça peut être... Il fait super beau, certains lancent l'idée de faire la réunion à la plage. L'ambiance n'est donc pas vraiment au travail mais plutôt à la picole. On va pour finir ne faire que boire de 12h à tard le soir pour certains, qui se retrouvent vite dans un état éthylique plus qu'avancé. C'est le cas du directeur d'antenne, qui a un peu abusé du blanc et titube, tombe par terre, tient des propos inintelligibles, insulte les gens de Midi Libre venus pour la première fois faire un papier (alors qu'on les sollicite depuis des années). Tout ça parce qu'ils ne veulent pas boire une bière, un pastis ou un verre de vin à 16h30... Quelle idée aussi de refuser! Il y a quand même un semblant de réunion d'information sur le droit des salariés en terme de formation continue. Je suis ça de loin, en prenant bien soin d'alterner un verre de jus d'orange toutes les 2-3 bières / ricard, histoire de tenir jusqu'à la fin. Entre temps les invités sont arrivés et on a une bonne excuse pour boire... héhé. Il y a dans ceux que je connais, ai invité : Tibo et Clem des UFOS (teenage pop/punk), Pascal et Nico des SUPERBEATNIK (heavy wild stoner'n'roll), Kryiss d'ÖFÖ Äm (sludge/stoner instru), les X-WEAPON (rock/fusion), Cu! de Kicking Rds, Richard de The HOP LA! (french punk rock legend)... Ca discute, ça boit, ça échange des skeuds, ça boit, ça discute, ça boit... et il est 22h30. Il y a RINÔCERÔSE (electro/pop) qui joue gratos au Peyrou dans le cadre de Quartier Libre. C'est la destination de certains. Moi, je réussis à convaincre Cu!, Richard et sa copine de m'accompagner à la Secret Place TAF, juste à côté, où doivent jouer NINE ELEVEN (punk/hxc de Tours). Les mots "guillaume circus" et "réunion ferarock" sont notre sésame pour pénétrer à l'intérieur. Le deuxième groupe GET RICH OR DIE vient à priori juste de commencer. Je fais le tour de la salle, serre quelques louches, fais quelques bises au son rugueux des Montpelliérains. C'est du hardcore/metal, pas vraiment ma tasse de kro mais ça sonne et semble plutôt en place. Cu! plus adepte de ce genre de sonorités me dit apprécier leur set. Je voulais boire un coca histoire de me requinquer mais ce dernier paie sa tournée de bières. C'est juste la 15ème de la journée... J'ai du mal à rester à l'intérieur alors je sors, discute avec Arbre de la future tournée de PAYDAY (no star punk/hardcore'n'roll band de Montpel), que je vais accompagner. Il y a encore des days off à caler et ça ne parait pas gagné... On verra. Charlie, bassiste d'ILLEGAL PROCESS (punk/hxc), notre Johnny Rotten local, m'apostrophe pour me parler de ses projets de 45t avec Rest In Punk Rds. "Moi j'ai les idées, Chorizo a les thunes et toi t'as l'air plutôt pas mauvais en promo/communication. Ca te dirait de nous filer un coup de main? En plus moi ça me saoule ce genre de trucs..." Bah écoute, ouais, pourquoi pas. C'est vrai que j'ai un peu de temps et ça me plait plutôt pour l'instant de faire ça. A suivre mais pour l'heure c'est le concert de NINE ELEVEN. Les Tourangeaux ont un nombre impressionnant de concerts et tournées derrière eux (surtout dans l'Est) mais gardent toujours autant la pêche et surtout la banane. On n'est pas du tout dans un hardcore de tough guy gros rasé tatoué... beauf quoi! C'est au contraire super positif, ce que j'avais apprécié la fois précédente au Rocher à Malakoff (92) et que je retrouve ici, toujours ausse carré. Ils terminent le rappel en sueur, avec "Spread your make up", tiré de leur album et c'est justement ce morceau que j'ai passé la semaine dernière dans l'émission. Oui désolé, ma vie tourne un peu autour de ça... Voilà, il est temps pour moi de rentrer. Un repos bien mérité, l'alcool aidant, je n'ai aucun mal à sombrer dans le sommeil.