Friday, December 18, 2009

London Calling


A la base je devais faire un weekend à Londres avec une copine (je n'y avais pas remis les pieds depuis un voyage scolaire en 4ème) et puis on s'était dit qu'il faudrait concilier ça avec un concert, tant qu'à faire, beaucoup de groupes passant par Londres et pas par Paris. Et puis je reçois un mail newsletter de Wiebke de Fat Wreck Chords annonçant une tournée anglaise de DILLINGER FOUR, avec une date à Londres tombant le jeudi 10/12. Grâce au concours durement obtenu et donc amplement mérité, je suis en weekend le jeudi à 15h donc c'est jouable. Dillinger Four est un groupe un peu particulier au sein du label Fat Wreck, même si perso je n'ai rien à leur reprocher. Ils ont sorti par le passé et sortent toujours des disques qui font partie de ceux que j'écoute le plus. Encore cette année, dans l'émission best of 2009 de "Joining The Circus", il y en aura deux ; Banner Pilot et Teenage Bottle Rocket. Fut même un temps où je recevais toutes les sorties en cd, avec simplement le code barre poinçonné (The Loved Ones, NOFX, The Lawrence Arms, The Sainte Catherines etc., ces deux derniers je les ai par la suite rachetés en vinyls tellement je les aimais [tu comprends mieux Pesu ;)]), puis j'ai reçu les albums dans des pochettes cartonnées promo, puis des lettres avec les feuilles promo et une download card et pour finir des simples mails avec liens de téléchargement. C'est la crise on vous dit... Bref, on se motive pour aller voir D4, d'autant que je vois qu'ils jouent avec The ARTERIES, auteurs d'un des disques que j'ai le plus écouté cette année et qui n'ont pu assurer leur concert à Paris début septembre, leur chanteur étant aphone. J'ai déjà raconté cette déception. On se motive donc et on n'est pas les seuls, Till de GxP et Frank Frejnik sont également bien tentés par l'aventure. Du coup ce sont même eux qui gèrent tout ; Eurostar, hébergement, places de concert. J'ai un petit coup de stress quand je me rend compte que ça tombe pendant la période des conseils de classe. Si c'était pour celui de la classe dont je suis professeur principal je l'aurais eu dans l'os, je me voyais mal dans le bureau de la principale "je ne pourrais assurer le conseil, je suis à Londres au concert de Dillinger Four"... hum hum... Ca tombe finalement pendant celui d'une classe de 6ème. Désolé les petits, je serais là au deuxième trimestre, promis.

Départ 16h de la gare du Nord. Trajet tranquille, il faisait déjà nuit dehors, je n'ai même pas vu qu'on avait traversé le tunnel sous la Manche. On trouve l'hôtel facilement, c'est à 15min à pieds. Pour traverser les rues au niveau des feux, il y a des inscriptions au sol avec le côté où il faut regarder ("look right", "look left"). Ca parait chelou au début mais c'est vrai qu'avec leur conduite à gauche, ça fausse pas mal les repères. On se fera d'ailleurs klaxonner quelques fois, notamment par des bus ; les grands rouges, sur deux étages. Ceux là valait mieux pas les prendre en pleine face. On pose les affaires dans la chambre (riquiqui avec deux fois deux lits superposés) et on trace direction Camden, où se trouve l'Underworld, la salle de ce soir. C'est con, à l'hôtel, le Generator, il semble y avoir une fête de prévue pour le soir, plein de jeunes en costumes s'affairent à droite et à gauche, c'est un peu le branle bas de combat. 20 minutes de marche sous un froid sec et on arrive devant la salle. Il est encore un peu tôt pour le concert mais pas pour la tournée de Stéphanie au The World's End, nom du pub au dessus de la salle, qui est d'ailleurs bien rempli et très bigarré. Il y a vraiment une culture pub afterwork ici, qu'on n'a pas nous en France. Ici se mélange sans aucun problème les punks ou autres venus pour le concert, ceux qui sortent juste du boulot et viennent boire un coup, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, des gens en teesh Anti Flag, Latterman (comme j'aurais voulu lui voler!) et d'autres en costards... Qui plus est, le demi qui est un vrai ici (50cl) est à 3£, c'est à dire moins de 3€50, et toute la soirée. Pas besoin d'happy hours là bas pour rameuter du client! On sirote notre bière tout en faisant ces réflexions d'ordre anthropo-ethno-sociologiques puis c'est l'heure de descendre assister au concert.
La salle est un peu du type de la Maroquinerie mais légèrement de traviole. On y rentre environ 300 personnes (c'est complet, euh pardon, sold out!), il y a une petite scène, un étage et la fosse. Ca parait pas mal du tout. Quatre groupes sont à l'affiche ce soir et les premiers à démarrer sont ZATOPEKS, des locaux, distillant un mix de pop/punk et de punk rock mélo. Ils sont cinq sur scène, c'est sympa, beaucoup de bonne humeur mais ça ne m'emballe pas plus que ça alors j'en profite pour faire la queue au bar et payer ma tournée.
Par contre The ARTERIES qui suivent, eux je ne veux pas en manquer une miette, du coup je me rapproche même bien devant. Et je ne suis absolument pas déçu! Ca joue à 200 à l'heure comme sur disque, hyper carré, pas une note des solos ou arpèges ne manque à l'appel. Ils sont eux aussi à domicile avec un petit parterre de fans qui reprennent allègrement les morceaux. Ils font la moitié de leur excellent disque "Blood, sweat & beers" plus d'autres que je ne connais pas, sûrement sur certains des splits 45t qu'ils ont sortis dernièrement. Super set en tout cas, Till est de mon avis, aussi fan que moi.
HARD SKIN qui arrivent après, je n'en ai pas vraiment déjà entendu parler. Frank est lui venu presque uniquement pour eux, pour voir un peu ce que ça donne dans leur fief. D'après ce qu'il nous dit, c'est de la oï mais avec des textes à prendre au quinzième degré et on en arrive à cette conclusion, Hard Skin ce sont les Ultra Vomit de la oï. Dans le public, beaucoup sont venus pour eux car le temps de reprendre une tournée (celle de Frank), la salle s'est considérablement remplie. Trois gars débarquent sur scène dont un bassiste/chanteur énorme, Fat Bob, l'équivalent de trois Fat Mike, bonnet rose sur la tête. Et c'est parti pour une quarantaine de minutes d'hymnes punk/oï, super simples. Sans connaître tu peux facilement deviner et chanter les refrains mais les anglais les connaissent par coeur et les titres sont littéralement scandés par une bonne moitié de la salle. C'est assez particulier, plaisant même, surtout si l'on y ajoute les nombreuses interventions plutôt drôles de Fat Bob entre les morceaux.
C'est pas tout ça mais moi je suis quand même venu principalement pour les gars de Minneapolis, aussi talentueux que branleurs. Le dernier album, l'excellent Civil War, est sorti en 2008 et le précédent, le tout aussi bon Situationist Comedy, datait de 2002. Et si leurs albums se font rares, que dire de leurs concerts. Là ce n'était même pas une tournée européenne snobant la France comme il est coutume de faire. Non, c'était juste une tournée anglaise, puis ils rentraient chez eux. Hors de question de rater ça du coup, c'est pour ça qu'on était là. Avec Till on se replace bien devant et les quatre se pointent sur scène. Quelques grandes rasades de whisky et ils attaquent avec "A jingle for the product". Au bout des quinze premières secondes tout le monde chante dans la fosse et ça c'est cool. Pas vraiment le truc qu'on voit en France, surtout dans ce genre de concerts. La barrière de la langue y est pour beaucoup c'est clair mais c'est carrément jouissif et donne envie de s'époumoner, comme tout le monde et non taper du pied, les mains dans les poches comme à Paris. Ensuite ils enchaînent les tubes ("Noble stabbings", "Gainesville", respect!, "Doublewhiskeycokenoice", "Mosh for jesus") et les blagues, conneries entre les titres et eux aussi sont drôles, surtout le bassiste avec son "HOW MUCH ART CAN YOU TAKE" tatoué en grand sur le torse. "London, if someone slim talks to you and says he's from the USA, he's not! We, Americans, are fat people!" etc. Bref, D4 sur scène c'était terrible, ce concert à Londres c'était terrible! J'en aurais bien redemandé plus mais c'était déjà suffisamment intense comme ça. Petit passage au merch, normal, et je repars avec Situationist Comedy en LP. Je voulais également un teesh mais il y avait un modèle pas terrible et l'autre n'était dispo qu'en XL. Ils m'ont pris pour un américain ou quoi?!
On se boit une dernière bière, se fait la fermeture du bar puis le roi du falafel, pas mauvais mais beaucoup trop de sauce piquante sur la fin du sandwich et on rentre à l'hôtel. Stéphanie fatiguée monte se coucher mais nous on veut boire un dernier verre et mais c'est quoi là bas au fond? On dirait que c'est la teuf dans le bar de l'hôtel. Yep, soirée karaoke & blind date. Banco. On s'accoude au bar et commande un truc mais moins lourd que la bière. Ca commence à faire beaucoup trop de litres. J'opte pour une vodka/poire pétillante, en bouteille. Ca se laisse bien boire. Pendant ce temps au karaoke on a droit à "I'm so excited" des Pointed Sisters, chanté de manière un peu trop aigüe. Frank se rend alors compte qu'en payant l'hôtel on lui a filé des coupons une boisson achetée, une offerte. Ca ne marche pas avec tout mais c'est bon pour les pintes de cidre. Bim, on va tourner à ça toute la soirée en en regardant (et écoutant malheureusement), certains se faire ridiculiser sur "Waiting in vain" de Bob Marley et palme d'or pour le costaud qui a chanté "Livin' on a prayer" de Bon Jovi. Autour de nous les gens, guère plus de 25 ans sont bien éméchés. Je me fais même brancher par une grande qui me demande si je ne viens pas d'Espagne. Je dois parler anglais comme une vache espagnole... Et puis ne pouvant plus rien boire de plus, on décide d'aller se coucher. Il doit être 3h30.
Le lendemain c'est tourisme dans Carnaby Street, il y a des modèles de Vans et Converses assez fous, Soho mais ce n'est apparemment pas la bonne heure, il est beaucoup trop tôt. On y met le prix, pour éviter les bouibouis et on mange un bon fish & chips (& mushy peas). On va voir Big Ben, Westminster Abbey, la Tamise. On voulait faire la grande roue, London Eye, mais c'est quand même un peu cher pour ce que c'est, 25£ il me semble et surtout il y a un truc qui me dégoûte. Tu peux payer plus cher, 37£ et avoir la même chose, ta place dans un grande roue pour admirer Londres mais comme tu es riche et allonge la monnaie, tu évites la queue et passe devant tout le monde. Alors là je dis bravo! Sans moi. On continue de déambuler, se pose pour boire un thé. Il est encore tôt pour la bière et les 3L de la veille me restent encore sur l'estomac. Puis on remonte en métro (4£ le ticket, ouch!) sur Camden pour aller au disquaire All Ages qui a cette fois ouvert. Pas mal de choix mais rien d'extraordinaire si tu as l'habitude de commander via internet sur No Idea ou Fat Wreck. Ca fait quand même plaisir de voir les vinyls dans des bacs et de fouiner un peu. J'hésite sur plusieurs LP ; le dernier Latterman, le dernier Descendents, Bark like a dog de Screeching Weasel, Anchor Arms, le dernier Strike Anywhere mais je l'achèterais le lendemain au concert à Paris et puis finalement je ne prends rien. Un petit tour du côté de chez Mark & Spencers histoire de repartir avec quelques denrées typiques (chips au vinaigre, marmelade pamplemousse rose), une dernière pinte dans un pub et c'est l'heure de rentrer. Enfin. C'était cool mais je commençais à bien fatiguer. D'ailleurs à peine installé dans l'Eurostar que je m'endors aussi sec. Chouette virée en tout cas, à refaire!

disques écoutés en écrivant ce post : TUBELORD "Our first american friends" mp3 & VA "Noise pollution compilation #1" mp3

4 comments:

Philippe said...

NON !

Kryïss said...

Ah ah ah je me rappelle d'une soirée dans ce même hôtel il y a six ou sept ans et j'ai juste l'impression que tu me racontes la soirée que j'y ai passée...

Veee said...

Ah The arteries...je les avais vus en 2007 à Paris, sacrés cinglés ces mecs... :)

Veee

Guillaume Circus said...

héhé, tu as séjourné dans cet hôtel Kryiss? C'est fou! Très bonne adresse en tout cas.